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Le pont suspendu de Carennac

Etude par Jean-Claude Ayroles

Mots clés : Carennac, Histoire et histoire

mercredi 9 juin 2004, par Jean-Claude Ayroles


Les nombreux touristes qui en période estivale, viennent visiter Carennac, ce vieux village quercinois avec ses toits si caractéristiques, son église romane et son célèbre tympan du XII° siècle , son cloître et sa très belle mise au tombeau du XVI° siècle, sans oublier la Maison de la Dordogne et les superbes expositions qu’elle renferme, empruntent pour la plupart le pont suspendu qui enjambe la Dordogne au niveau du
hameau de Cabrette, et en quelques secondes franchissent la rivière sans encombre.

Il faut savoir qu’il n’en a pas toujours été ainsi, et qu’il y a plus de 160 ans, ce passage posait encore de nombreux problèmes.

En effet, la Dordogne a constitué à cet endroit une île, elle s’appelait autrefois " l’ île Barrade". Depuis que le grand François IV de Salignac de Lamotte-Fénelon, prieur commendataire de l’abbaye de 1781 à 1795 y a
écrit son livre "les aventures de Télémaque" relatant pour son illustre élève, le duc de Bourgogne, Dauphin de France, les aventures d’Ulysse, on la désigne sous le vocable de "l’ île de Calypso" en souvenir de la
nymphe, reine de l’île d’Ogygie qui accueillit le héros grec naufragé et le retint dix ans. Fénelon, quant à lui l’appelait :"la belle île".

Au gré des ans et selon les nombreuses crues de la rivière, le paysage de ses rives évoluait. On pouvait la traverser à gué en certains endroits, mais l’entreprise était périlleuse. Pour franchir la Dordogne plus commodément, il fallait emprunter deux bacs. L’un reliant au nord, près de l’actuelle maison de Monsieur et Madame Bazot , l’île au village de Cabrette appartenait à la famille Dunoyer de Segonzac, on l’appelait le grand bac. L’autre, reliait le village de Carennac du lieu dit le "port petit" à la partie sud de île, il appartenait à la famille Valrivière et il était connu sous l’appellation de petit bac. Ainsi il y avait le petit port ( port petit) et le grand port.

Nous passerons sur les nombreux conflits qui surgissaient à propos des droits de passages et qu’alimentait le fait que les propriétaires du grand bac étaient de tendance monarchiste alors que ceux du petit
bac étaient de fervents républicains.

Les Dunoyer de Segonzac étaient fermiers de l’état pour l’octroi. Celui-ci était mis en adjudication pour 5 ans, pour une somme forfaitaire que le fermier payait à la puissance publique et qu’il récupérait ensuite en prélevant un droit sur les marchandises qui traversaient la rivière à cet endroit ( cette pratique était une survivance datant des anciens fermiers généraux ).

Pour le grand bac, il fallait donc payer l’octroi plus un droit de passage ; pour le petit bac, les Valrivière ne faisaient payer que le droit de passage.

En 1848, Monsieur François Joseph Philippe Dunoyer de Segonzac, domicilié au Château de Végennes et résident à l’Hermitage qui en 1845 avait fait construire le petit pont de l’Hermitage qui supprimait le petit port et du coup le petit bac, entrepris de construire à ses frais un
pont suspendu qui bien sûr fut à péage. Il ressemblait à l’actuel pont de Pontou, en aval de Carennac. Il était soutenu par des câbles en acier, son tablier était en bois. Il avait ses limites, une fois, les traverses n’ont pas résisté au passage d’ un fardier lourdement chargé
qu’un charretier imprudent avait engagé. Les traverses du tablier furent alors confortées par des fers. On raconte qu’un certain Counord, du village de Magnol voulu faire franchir l’ouvrage à une locomobile à vapeur, celle qui faisait fonctionner la machine à battre le blé.

Le lourd véhicule s’engagea sur le pont et les planches du tablier cédèrent sous son poids. L’engin, déstabilisé se coucha et fut bloqué par le parapet . On eut le plus grand mal à dégager le pont de cet énorme machine qui en interdisait l’usage.

Le pont fut racheté en 1900 par l’Administration. Il y eut une grande fête pour célébrer la fin du péage. La tradition orale rapporte que Monsieur Barrière, meunier de son état au moulin de l’Hermitage, avait fait le pari de grimper au sommet d’une pile en passant par les câbles. Pari qu’il réalisa à la stupeur générale car il avait gardé aux pieds ses sabots de bois !!!... Plus tard à l’occasion de la fête des rogations, les paroissiens se rendaient en cortège au village de Cabrette. En passant sur le pont, celui ci entra en résonance et commença à "onduler". L’intervention d’un participant, le capitaine Paul Charlat petit fils du précédent , évita une catastrophe. Il arrêta
toute la procession qui marchait en cadence, fit adopter une allure libre et le phénomène cessa.

Le pont de bois fut remplacé en 1939 par l’actuel ouvrage. Il fut terminé en 1940 et pendant la drôle de guerre, Carennac accueillit un temps un régiment de bretons. Le pont fut défendu contre d’éventuels
assaillants par un canon de 75 ; heureusement , il ne fonctionna jamais car les artilleurs n’eurent à leur disposition que des obus de calibre diffèrent. Quelques années plus tard, en 1944, lorsque la division "Das Reich" fit mouvement vers la Normandie et traversa
notre Quercy avec les résultats que l’on connaît, certains responsables de la résistance envisagèrent un instant de le miner, mais le projet ne vit pas le jour.

Depuis l’été 1997 les services de l’équipement ont pris l’heureuse initiative de le repeindre afin de lui donner une nouvelle jeunesse. Une entreprise savoyarde fut chargé de la tâche. Pour le citoyen moyen qui fréquentait les lieux, l’accouchement sembla laborieux.
Plusieurs couches de peinture passées successivement donnèrent le sentiment qu’une harmonie des couleurs était recherchée sans résultats probants. Fautes d’informations les imaginations donnèrent libre cour à différents propos. Tandis que certains évoquaient un
possible retour de l’impressionnisme, d’autres plus pragmatiques parlaient de test....

Le chantier traîna en longueur, les rambardes du pont reçurent enfin deux peintures une verte l’autre lie de vin qu’on n’ose appeler Bordeaux, (ce qui est normal pour un pont sur une rivière qui se jette dans la Gironde), les câbles une couleur neutre. Il se termina dans la
discrétion au cour de l’été 98, sans tambour ni trompette, il n’y eut pas de fête, pas de discourt. Le pont ne reçu pas de nom et on ne grava pas sur ses piles ce que je viens de raconter.


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