Articles les plus récents
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W : Wagonmardi 27 juin 2017
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Mon premier train
J’avais quinze ans. Grâce aux voyages scolaires, j’avais réussi à parcourir plus de cent kilomètres en allant à Perpignan. Avec la famille, nous avions dû allègrement franchir les cinquante kilomètres. Et je n’étais jamais monté dans un train ! Lorsque mes parents sous l’impulsion du directeur du collège (on ne disait pas principal à l’époque), décidèrent de me faire passer le concours de l’école normale d’instituteurs à Blois, je pénétrais dans un monde inconnu. Pour le premier voyage de quatre cents kilomètres, mon oncle qui travaillait à la SNCF m’accompagnait et m’expliqua tout ce qu’il crut bon pour que je puisse voyager dans les meilleures conditions possibles.
J’ai aimé prendre le train et j’aime toujours ! Pourtant, ce premier voyage eut lieu au début juin 1968, dans une époque troublée par les grèves et les manifestations. Je ne m’en suis pas vraiment rendu compte. En fait, c’était comme un voyage initiatique : j’entrais dans le monde de l’indépendance, dans le monde des adultes. D’un seul coup, j’étais souvent seul.
Bizarre : je ne regrette rien et j’ai plutôt de bons souvenirs autant de mes galères que de mes joies de l’époque.
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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Tréban (03)
LAVRIL-BRUNAT / A / TREBANbrique 90
lundi 26 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur , Allier (03)
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V : Vigne / Vendanges / Vin / Veillées / Vélolundi 26 juin 2017
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De la vigne au Vin
Par tradition la ferme familiale avait une vigne. La première était au-dessous du village de Magnagues, vers les ruines du château de Taillefer. A flanc de coteau, elle était plutôt exposée au nord. Nous y récoltions des grappes noires (dans mon souvenir). Mon père en faisait une "piquette" que nous appelions vin. Très tôt, nous avons eu le droit d’en boire un fond de verre mais nous préférions faire chabrol : boire un peu de vin dans l’assiette qui nous avait permis de manger la tout aussi traditionnelle soupe de pain.
J’ai aidé mon père a planté la nouvelle vigne, beaucoup plus proche, sur une terre exposée au sud-ouest, au Four-de-Bié, sur la route de Magnagues. J’ai planté les sarments, entretenu le sol, taillé les longues branches, récolté le raisin(vendanger), pressé les grappes, surveillé la fermentation, extrait le vin, stocké le vin dans des barriques... et même bu cette "piquette" (il faut bien l’appeler par son nom...) !
Les vendanges
La vigne était petite (moins d’un hectare) mais amoureusement entretenue, tradition familiale oblige. La récolte des grappes pour en faire une boisson fermentée (les vendanges pour faire le vin) était une fête, prétexte à réunir une partie de la famille, celle, un peu nostalgique, qui avait quitté le travail de la terre essentiellement.
Nous remplissions des paniers accroupis entre les rangs puis les transvasions dans des comportes à travers un pressoir manuel. Les comportes étaient de grands récipients en bois (même construction que les tonneaux) avec deux poignées pour les soulever. Nous n’utilisions pas de hotte. La charrette puis la remorque emmenait ainsi les grappes jusqu’à la cuve installée dans la cave, sous la maison. Les comportes étaient à leur tour vidées par la trappe dans le plancher de la maison (chez nous, la trappe était installée dans la salle à manger, là où était installé mon lit !).
Le vin
Mon père (et avant lui mon grand-père) faisait ainsi un petit vin sans prétention. De nos jours, nous le baptiserions "piquette" parce qu’il arrivait fréquemment qu’il est un petit goût aigrelet. A partir de 12 ans environ, nous avions le droit d’en boire un demi-verre complété par de l’eau. Mais... "une étude alarmiste commandée par le ministère de l’Éducation Nationale selon laquelle « la boisson la plus répandue au repas de midi dans l’ensemble de la France est, pour les écoliers, le vin étendu d’eau (54% des écoliers), alors que ceux qui boivent habituellement de l’eau pure ne représentent que 15% de l’ensemble ». [...] « moins de 2% » des écoliers consomment alors du « vin pur » lors de leurs repas." (cité dans Du pinard dans les cartables. A propos d’une étude alarmante publiée en 1958 [1] par Yves-Marie Evanno)
Les barriques étaient lourdes à mettre en place mais mon père m’a enseigné une technique qui permet de soulever de lourdes charges de quelques dizaines de centimètres : il faut être deux, se mettre face à face, appuyer les fronts l’un contre l’autre, s’emparer du tonneau et tirer vers soi en dépliant les genoux... Nous parvenions ainsi à soulever les deux cents kilogrammes du tonneau sous lequel mes frères disposaient des barres de bois préalablement préparées.
Veillées
De ma petite enfance, j’ai le souvenir de la père de bœufs qui nous servaient d’animaux de traits mais aussi des sorties d’hiver que nous faisions chez nos voisins. En particulier, je me souviens de nos déplacements sur les chemins du causse jusque chez mon oncle à Lacatarou à quelques kilomètres. Je me souviens de la charrette tractée par les puissants animaux. Je me souviens de la nuit qui nous enveloppait et ne m’effrayait nullement. Je me souviens des bruits des animaux fuyant nos bruits parce qu’ils leur étaient inconnus.
Étrangement, je ne me souviens pas des temps passés à jouer aux cartes, à discuter en refaisant probablement le monde, à échanger sur l’avenir et la politique sans doute.
Vélo
Le cyclotouriste passionné que je suis devenu devrait pouvoir justifier d’un très long passé de cycliste et, à tout le moins, justifier d’une enfance dans laquelle le vélo aurait eu une énorme importance. Ce ne fut pas du tout le cas. J’étais adulte, et même père, quand j’ai acquis mon premier vélo. J’ai pourtant appris à faire du vélo très tôt mais je n’en ai aucun souvenir. La première bicyclette dont je me souvienne fut offerte à mon frère de deux ans mon cadet : elle était bleue et avait un guidon "de course". Je la lui ai empruntée quelquefois...
Je me souviens parfaitement de ma première vraie chute ! Je suis allé à Magnagues, le village voisin. Dès l’entrée dans le bourg en descente, j’ai voulu tourner à droite, ce que je ne faisais jamais, sans trop ralentir pour ne pas perdre mon élan. Sans doute pour me montrer à vélo puisque cela me faisait passer au cœur du village. Mais... une insidieuse pierre disposée à droite dans ce carrefour m’a fait faire mon premier dérapage, incontrôlé bien sûr, et m’a envoyé râpé un peu le sol de la route avec ma cuisse droite qui est devenue douloureuse. Je me rappelle être rentré à la maison à vélo (donc ce n’était pas trop grave) avec une cuisse plutôt brûlante mais je ne sais pas si cela m’a servi de leçon !
J’ai un autre souvenir mais beaucoup plus glorieux celui-là (tout reste relatif). C’était au début de l’été et mon père avait un besoin impératif et urgent d’une pièce pour réparer le tracteur ou une machine de la ferme. Il m’a envoyé à vélo au garage alors situé à l’entrée de Carennac récupérer cette pièce le plus vite possible. Pour aller, je n’ai pas perdu de temps parce qu’après le premier kilomètre tout plat, cela descend très fort jusqu’au chef lieu de la commune pendant deux autres kilomètres. Pour revenir, la pente étant nécessairement inversée, j’avais un énorme effort à fournir : d’après mon père, je n’ai jamais monté cette côte aussi vite. "Digne d’un grand champion !" a-t-il précisé. Je ne sais pas le temps que j’ai mis, je ne sais pas si c’était une vraie performance mais j’étais très fier. Si je me souviens du compliment de mon père, c’était sans doute parce qu’il en était très avare.
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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n°2017-22 - du 18 au 24 juin 2017lundi 26 juin 2017
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Édito
Semaine de canicule (officiellement) peu propice néanmoins à la lecture : on est bien nulle part...
Bonnes lectures.
TIC
- Firefox et Thunderbird : Sauvegarde et restauration des profils Bon c’est un condensé d’informations heureusement pas souvent utile mais malheureusement toujours introuvable quand on en a besoin...
- Optimiser les performances de MySQL Comment vous ne connaissez pas !
- Wikipédia déboule à l’Assemblée pour tirer le portrait de nouveaux députés Prendre deux jours de congé pour bosser bénévolement dans le respect des règles... Chapeau !
- Étude de l’Afnic : Le marché des noms de domaine dans le monde en 2016 Evidemment bourré de sigles (ou acronymes) inconnus...
- Le Cloud est le futur. Mais quel est le futur du Cloud ? (Épisode 1) Très intéressant...
Généalogie
- webtrees : un logiciel gratuit, complet et illimité pour faire votre généalogie en ligne A compléter, d’après l’auteur, par JustLight
- S comme STO : sans lui je ne serai pas née... Mon père a subi le STO...
Divers
D’autres lectures au hasard des textes rencontrés et d’intérêts personnels.
- Manuel Valls, un élu qui a perdu Il a particulièrement beaucoup perdu de sa superbe...
J’écris aussi !
- n°2017-21 - du 12 au 18 juin 2017
- photo : PHOTO 16 : Dans le rêve
- Collection de briques
- ChallengeAZ 2017
FFCT FFCT Fédération Française de Cyclotourisme -Nouan-Rando
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Mots clés : lire
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Montbazon (37)
LELARGE / A / MONTBAZONbrique 89
dimanche 25 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur , Indre-et-Loire (37)
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Nouan-le-Fuzelier (41)
M (decor) Sbrique 88
samedi 24 juin 2017
Avertissement : sens du sigle (SM pour Sologne Moléon) et lieu à confirmer.
Mots clés : 41-Nouan-Le-Fuzelier , Brique , collectionneur , Loir-et-Cher (41)
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U : Usinessamedi 24 juin 2017
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Usines
Des usines, il n’y en avait pas beaucoup dans le Haut-Quercy. Dans ma commune, encore moins. On parlait toutefois de l’usine du four à chaux. Elle était installée au bord de la Dordogne sans doute parce qu’il lui fallait beaucoup d’eau. Les pierres de calcaire étaient extraites de carrières situées au-dessus, sur le causse, tout près de la ferme familiale. On y taillait aussi la pierre qui était très célèbre : le château de Laroquebrou dans le Cantal proche avait été construit avec des pierres d’ici. Ce sont des camions qui descendaient la pierre jusqu’à l’usine et remontaient à vide dans un ballet incessant et un peu bruyant parfois (n’abordons pas le sujet de la pollution).
Il a fallu que l’usine ferme pour que je la visite : il ne restait alors que quelques tailleurs de pierres qui travaillaient avec des scies mécaniques. Cette découverte ne m’a pas beaucoup intéressée.
Il y a un autre lieu qui était baptisé l’usine électrique. J’en connais mal l’histoire mais il s’agissait en fait d’un moulin qui produisait l’électricité pour le gouffre de Padirac tout proche ! Où vais-je trouver des informations sur ces deux usines ?
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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PHOTO 16 : Dans le rêvevendredi 23 juin 2017
Toutes les photos ont une histoire : Elle y vit mais, comme nous, elle y rêve aussi.
Mots clés : Guadeloupe (971) , photographe , Léonie
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Viviez (12)
P. BORIES / VIVIEZ (AVEYRON)brique 87
vendredi 23 juin 2017
M’étant peu intéressé à cette brique (pas encore nettoyée de la grosse trace de béton par exemple), j’ai commis une erreur de lecture que deux visiteurs m’ont gentiment signalée. J’avais déduit Saint-Geniez dans l’Aveyron au lieu de Viviez. Merci à eux (voir leur message dans le forum.
Suite à la correction, j’ai trouvé un article publié dans la Dépêche du Midi à propos de la briqueterie. Il est consultable : Decazeville (Aveyron). La SA Bories, une saga industrielle avec un lien vers l’article original (ce qu’il en reste de consultable en ligne).
Mots clés : Brique , collectionneur , Aveyron (12)
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T : Tabac / Toilette / Tracteur / Tue-cochonvendredi 23 juin 2017
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Tabac
Mon père cultivait du tabac probablement à partir des années soixante. C’était très règlementé : par exemple, on comptait la superficie en nombre de pieds. Au début nous avions l’autorisation de planter dix mille pieds et lorsqu’il a arrêté, nous en plantions trente mille !
Tout commençait par le semis dans le jardin dans des plate-bandes très... plates. Les très petites graines étaient mélangées à du sable fin pour une répartition plus homogène. Le semis était protégé par un tunnel de plastique.
Les pieds étaient plantés à la machine mais le tracteur allait très doucement pour permettre aux deux officiants de ne pas abîmer les fragiles plants.
Pendant la croissance, il fallait revoir plusieurs fois chaque pied un par un pour en limiter le nombre de feuilles (onze ou treize me semble-t-il me souvenir), puis pour bloquer l’apparition des bourgeons en versant une goutte d’huile de vidange sur le bourgeon sans en mettre sur la feuille au risque de la rendre inutilisable (de la brûler dissions-nous).
Pour la récolte, nous utilisions une cisaille qui faisait en même temps l’encoche dans la tige, encoche qui servirait à suspendre le précieux pied sur les nombreux fils de fer installés sous les toits dans presque tous les bâtiments de la ferme. On ne laissait pas tomber le pied : on le déposait précautionneusement au sol avant de le transporter tout aussi délicatement sur la remorque pour la mise en séchage. Durant les dernières années, un séchoir à tabac a été construit : il permettait de suspendre plusieurs pieds sur la ficelle d’accrochage.
Lorsque les feuilles étaient sèches, il fallait séparer les feuilles : celles du haut (trois ou quatre, celles du bas (toujours trois) et celles du milieu parce qu’elles ne donnaient pas la même qualité. Puis, un autre tri, selon la longueur des feuilles avant de faire les manoques lors de longues veillées après l’école : dans le creux de la main entre le pouce et l’index, nous empilions délicatement exactement vingt-quatre feuilles puis nous enroulions la pile ainsi formée pour finir par l’attacher avec une vingt-cinquième feuille. Nos doigts se recouvraient d’une couche extrêmement collante, noire de crasse agglutinée, dépôt qui ne s’enlevait qu’avec le temps. Après le brou des noix, c’était l’un des motifs d’interminables discussions avec les maîtresses d’école qui pensaient que nous avions les mains crasseuses (c’était vrai mais ce n’était pas "nettoyable" en se lavant simplement les mains).
Tout se terminait par la livraison des balles de manoques : un plaisir parce que le travail était terminé et parce que nos parents allaient recevoir la récompense de leurs efforts : les prix étaient en effet garantis. Je me souviens toutefois du contrôle, un peu empirique, de la qualité. Pour cela, n faisait une petite fente dans une feuille, on passait au-dessous la flamme d’un briquet et on regardait la durée de la braise et sa propagation.Toilette
Il n’y avait pas de cabinet de toilettes à la maison. Nous faisions notre toilette dans ce que nous appelions en français "l’évier" mais que nous appelions de son nom ccitant "l’androlièra" : c’était une petite salle exigüe, tout en pierres dans laquelle une grande pierre taillée permettait aux eaux usées de s’évacuer vers l’extérieur. C’était un peu mieux qu’une toilette de chat mais c’était bien loin de la douche actuelle (ne parlons même pas du bain). Nous ne faisons de grandes toilettes que l’été lorsque nous pouvions installer la bassine à chauffer au soleil et surtout, parce qu’il ne faisait pas froid !
Tracteur
J’ai vu arriver à la ferme, le premier tracteur en 1960. C’était un McCormick rouge. J’admirais beaucoup la mention "international" sur le capot. Il ne démarrait pas toujours facilement et, par grands froids, il fallait le réchauffer avec un brasero sous le moteur ! Les puissants bœufs ont aussitôt disparus et le joug a été remisé dans la grange à foin. J’aimais beaucoup quand mon père m’emmenait avec lui : j’étais à côté de lui, sur sa gauche, appuyé au pare-boue (ce n’était pas du tout sécuritaire !).
Tue-cochon
La grande fête de la ferme, c’était le jour où on tuait le cochon. Le "tueur de cochons" officiait, aidé par quelques hommes pour le temps de la mise à mort. Ma mère récupérait le sang pour faire les boudins puis l’homme brûlait les soies et lavait la peau avant de suspendre l’animal mort le long d’une échelle pour le débarrasser des viscères (au début, nous les récupérions et les lavions soigneusement pour faire les boudins et les saucisses). Le découpage adapté aux techniques de conservation suivait : nous faisions alors de nombreux aller et retour entre la table de découpage et la salle où tous les morceaux étaient étalés sur les tables recouvertes de draps blancs.
Et nous faisions la fête en mangeant un peu plus souvent de la viande pendant deux ou trois jours, le temps de préparer le boudin, les longueurs de saucisses, le jambon et toutes les mises en conserve (en bocaux ou sous la graisse qu’il avait fallu faire fondre patiemment).
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
lorand.org






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