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Les grands principes parviennent rarement à ne pas créer l'injustice dans les cas particuliers.  (James Fenimore Cooper )
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La fatigue du corps est celle qui nécessite de dormir pour la faire disparaître. La fatigue de l'esprit est plus difficile à récupérer car elle nécessite une remise en cause partielle de sa vie mais l'esprit n'est pas disponible à une telle décision. On entre alors dans un cercle vicieux dont la sortie est souvent liée à un évènement douloureux.
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Lorand

Site personnel de Roland Bouat. Pour les curieux : Lorand est un anagramme de Roland.

Ce corps qui s’efface...

jeudi 28 mai 2009 , par Roland


Le mal de dos est le mal du siècle : qui n’en a jamais souffert un tant soit peu ? Mon corps a violemment réagi et mon existence a, durant quelques secondes, été mise comme entre parenthèses.

Depuis une semaine, une douleur de plus en plus lancinante me lacère le bas du dos comme un taraud qui tenterait de pénétrer mon corps. Le repos, relatif il est vrai, ne semble guère efficace cette fois-ci. Je constate tout de même qu’à chaque fin de matinée, après quelques activités physiques que ce soit, la douleur s’atténue pour reprendre de plus belle le lendemain matin à la sortie du lit. Un lit peut-il être à ce point inadapté qu’il fasse souffrir le corps qu’il est censé aider à récupérer ?

Dimanche matin. Petit déjeuner. Je souffre de plus belle. Je ne parviens pas à trouver une position qui me soulage un peu. Je réussis néanmoins à préparer mon petit déjeuner et je commence à manger en me levant de temps à autre pour essayer d’atténuer cette douleur diffuse mais agressive. Sans succès. J’ai pourtant pris un anti-douleur...

Soudain, je sens le vertige s’emparer de moi. Assis à table, je me retourne vers celle qui a accepté de partager ma vie pour le lui dire et ...

...

Je reprends conscience du monde qui m’entoure pour l’entendre dire au téléphone que je suis en train de reprendre mes esprits. Elle raccroche et me dit laconiquement : "Le SAMU arrive." Elle ajoute : "Tu m’as fait drôlement peur." Je quitte ma chaise sans trop savoir ce que je vais faire. Je découvre alors que j’ai renversé mon café brûlant sur moi : il git maintenant sur le sol de la cuisine, en vrac. Je décide d’aller me laver un peu et me changer. J’erre dans un état second dont je ne prendrai conscience que plus tard, bien plus tard. Je vais m’allonger sur mon lit.

J’ai l’impression que les infirmiers arrivent tout de suite alors qu’il leur faut tout de même quelques dizaines de minutes pour arriver jusqu’ici. Le temps ne s’écoule plus tout à fait de la même manière. Pouls, tension, questions et transfert sur le brancard : "Mon premier voyage en brancard comme en ambulance !"

Le haut du paysage défile et je sais toujours en quel lieu se trouve le véhicule. J’anticipe les virages. Occupation d el’esprit. Éviter de trop penser. Engoncé dans le matelas gonflable, je ne bouge pas parce que je ne sens plus la douleur ! Ouf... Arrivée à l’hôpital au service des urgences. Installation dans une chambre.

Quelques minutes d’attente et les examens démarrent : pouls et tension, mise sous perfusion, électro-cardiogramme, auscultation, questions, prise de sang, ... L’infirmière ne trouve pas ma veine et me fait mal. "pas de veine !" Elle change de bras, me fait à nouveau mal mais réussit à établir la connexion. Du chlorure de sodium s’écoule maintenant régulièrement dans mes veines. Arrivée d’un autre malade dans la chambre. Le médecin passe une première fois : "Nous allons faire une radio des poumons et du coeur." Mais non, pas "nous" mais moi je vais la subir...

"Promenade" en brancard dans les couloirs de l’hôpital : un vrai labyrinthe. J’ai complètement perdu le sens de l’orientation. La radiologue me demande si je peux tenir debout. Je crois. J’essaie. Ça marche. Respiration. Radio. Re-voyage sur le brancard dans les couloirs : même pas amusant...

Attente. Pourquoi n’est-elle toujours pas là ? Les minutes s’écoulent plutôt rapidement. La pendule en face de mon lit me dit que cela va faire deux heures que je suis rentré dans ce bâtiment. Mon voisin de chambrée et compagnon d’infortune ne parle pas mais son épouse lui tient compagnie. Sa fille remplace cette dernière. C’est décidé, lors de la prochaine visite de l’infirmière, je lui demande si elle ne serait pas en salle d’attente. Tiens, là voilà. "On" l’avait oublié et elle s’est rappelé au bon souvenir. Sa main dans la mienne me fait du bien. Surtout au moral. Elle organise les annulations et annulent les rendez-vous de la semaine. Je laisse agir. Que pourrais-je faire d’autres ? Je ne parviens pas à raisonner suffisamment longtemps pour organiser efficacement ma pensée. Seulement les souvenirs des tâches qui m’attendaient me parviennent peu à peu. Même pas de regret bien qu’une semaine intense s’annonçait.

Nouvelle visite du médecin : "on va faire un scanner poumons-coeur parce que votre taux de D... est trop élevé et il y a donc un risque d’embolie pulmonaire." Je ne sais ce que sont ces T... machin-truc. Aucune allusion à mon mal de dos. Tiens je ne sens rien mais je ne bouge pas à demi allongé sur le brancard, les mains e long du dos. Longue attente.

"Vous êtes allergique à l’iode ? Avez-vous déjà subi une opération ? ... ?" Je ne sais pas et je ne suis que très rarement malade et donc jamais opéré depuis mes quatorze ans et l’appendicectomie. "Vous ne m’aidez pas. On va faire une injection anti-allergique préventive." Re ballade dans les couloirs. Découverte de la grosse machine. "Ne bougez-plus." me dit une grosse voix à peine compréhensible. Serait-ce la machine qui parle ? Chaleur. C’est fini. Re-promenade. Retour.

Dix-huit heures. "Vous allez pouvoir repartir chez vous. Vous pouvez vous habiller." Pas de toilette de toute la journée, mal rasé, les traits tirés. Je dois avoir l’air d’un malade... ! Et mon dos ? Nouvelle visite du médecin : "C’est un malaise vagal. Pour votre dos, vous irez demain voir votre médecin. Voici une lettre pour lui." Simple formulaire même pas sous enveloppe. Rien. Je n’ai rien ! Pas nécessairement rassurant...

Je rentre. Il y a plus de douze heures que j’ai quitté la maison.


Dans les jours qui ont suivi, j’ai découvert que le bouche à oreille (à moins que ce ne soit le tam tam de la jungle) est d’une redoutable efficacité. J’ai ainsi reçu de nombreux appels téléphoniques pour me demander "Comment vas-tu ?" Mal bien sûr mais la question réchauffe le cœur... Merci à vous, mes amis. Quand ce sera votre tour mes amis (ce que je ne vous souhaite pas), je vous promets de prendre de vos nouvelles même si je n’aime pas du tout ni téléphoner ni "déranger".

 

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