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FOAD ou pas FOAD ?

Mots clés : bénévole , formateur

mardi 26 octobre 2021 , par Roland


La FOAD   c’est la Formation Ouverte A Distance et c’est loin d’être la panacée alors que les confinements dus à la pandémie du covid19 ont amené ce type de formation sur le devant de la scène, en particulier avec les visioconférences.

 Situation amenant à l’interrogation

Modularisation, formation à distance, des concepts très différents mais qui s’associent bien. Tellement que certains les confondent.
Or, on peut « moduler » sans formation à distance. La notion de formation par module a plus de cinquante ans dans l’enseignement supérieur. Il ne s’agit rien de moins que des unités de valeur (UV).
Or, on peut former à distance (FOAD  ) sans modulariser. Le nombre de plateformes qui proposent ce genre de formation ne cesse de grandir.

 La formation à distance, ce pourrait être quoi ?

Il existe beaucoup de « types de FOAD   ». Les plus connues ne sont pas des plus formatrices et relèvent surtout de domaines limités ou singulières et ne visent généralement pas à une quelconque qualification. On les nomme généralement tutoriels ou didacticiels et sont le plus souvent librement utilisables dans le temps (c’est l’apprenant qui choisit son temps de formation). De nombreuses FOAD   utilisent fréquemment des outils en ligne dont le plus connu ou le plus utilisé est la visioconférence (l’apprenant doit se connecter pour pouvoir participer si la visioconférence est un tant peu active pour lui) avec les webinaires qui en découlent de plus en plus souvent (enregistrement d’une visioconférence presque toujours). Les visioconférences ne sont presque jamais qualificatives (permettant d’obtenir une certification) et relèvent plutôt d’une formation personnelle comme les tutoriels et/ou didacticiels qu’elles rejoignent quand elles deviennent webinaires.

Comment, alors, faire une FOAD   pour aller vers une qualification ? Le problème qui vient tout de suite à l’esprit est celui de l’évaluation. Il existe maintenant des outils spécifiques pour évaluer l’acquisition des compétences. Citons pour son originalité l’évaluation de pair à pair (c’est une évaluation très formatrice et quelquefois bien plus sévère que ne pourrait l’être un jury). La mise en place peut apparaître complexe mais l’efficacité est certaine surtout quand elles nécessitent la réalisation d’un projet.

Pour aller vers une qualification, il faut donc aller vers une certification d’une acquisition de compétences, que cette acquisition soit terminée ou qu’elle soit seulement encours de consolidation. Là est aussi une difficulté en formation à distance : comment évaluer les trois composantes d’une compétence ? Si pour les connaissances, il existe des outils connus comme les QCM   améliorés (QCM   = Questionnaire à Choix Multiples), pour les savoir-faire on pourrait envisager la réalisation de « chef-d’œuvre » comme le font les compagnons mais pour les savoir-être, le problème nécessite presque toujours la présence d’un groupe.

Mais c’est davantage la structure de la FOAD   qui peut apporter des solutions pour se rapprocher davantage de la formation en présentiel. Rappelons que cette dernière se fait en présence d’un formateur qui se comporte généralement comme un transmetteur de savoir. Dans une FOAD  , le formateur n’est généralement pas le transmetteur de savoir (c’est le support utilisé qui réalise cette fonction). Le formateur est d’abord un présentateur qui devrait toujours se doubler d’un rôle d’animateur. Mais il faut en réalité être bien plus que ça. D’abord un accompagnateur sur le chemin des acquisitions. C’est aussi un guide. Surtout ce doit être un tuteur qui n’a donc pas vocation à répondre mais davantage à interroger, questionner, orienter, ré-orienter...

La FOAD   ne devrait donc jamais être seulement un simple webinaire (et surtout encore moins un simple tutoriel). Elle nécessite la mise en place d’outils d’échanges avec une communication réelle entre le formateur et les apprenants ( pour être communication, les échanges doivent fonctionner dans les deux sens) avec une vraie prise en compte des remarques, notes ou interrogations des apprenants. Et puis, la communication doit aussi être entre les apprenants comme en présentiel (il y a déjà quelque temps que l’enseignement frontal a perdu de sa superbe : celui qui sait transmet à celui qui ne sait pas sans aucune interaction).

Il reste que toute FOAD   comme toute formation pose surtout le problème de l’évaluation. Quand cette dernière est qualificative (c’est à dire qu’elle permet l’obtention d’une qualification par la certifications des compétences acquises), la solution la plus simple qui vient à l’esprit est de la valider en présentiel après la FOAD   proprement dite. On commence là à mêler distanciel et présentiel. Peut-être qu’en les imbriquant davantage, on approcherait d’une solution viable.

Il existe déjà quelques techniques d’évaluation à distance plus ou moins utilisées. Rappelons qu’une compétence relève de trois champs différents : les connaissances, les savoir-faire et les savoir-être.

- Le questionnaire à choix multiple (QCM  ) n’est pas très efficace parce qu’il évalue surtout les connaissances et peut être réalisé (et réussi) sans avoir suivi la formation. Il est possible de l’améliorer en réalisant une base de données des questions et en tirant au sort un certain nombre. Rappelons qu’un QCM   est considéré comme réussi quand le score atteint la barre des 80 % de réponses acceptables.

- L’évaluation de pair à pair ne peut pas toujours être mise en œuvre mais elle est riche d’enseignements et reste très formatrice. Elle consiste à être évalué par les autres participants à la formation. Elle peut être redoutable parce que le groupe des apprenants sait beaucoup plus que chacun des apprenants (la somme des connaissances d’un groupe est bien supérieure à la somme des connaissances des éléments du groupe si le groupe est actif du point de vue communicationnel).

- Le projet personnel est une bonne solution. Il nécessite de faire à minima un compte-rendu qui, pour être formateur, doit être réalisé au jour le jour dans un échange avec tout le groupe de participants à la FOAD   (évidemment, le formateur est partie prenante et doit avoir un rôle actif plutôt orienté vers un tutorat personnalisé).

- Le transfert est très proche du projet. Il consiste à utiliser les compétences acquises ou en cours d’acquisition dans un autre domaine que celui de l’apprentissage. Par contre, il est souvent très difficile à anticiper et fait plutôt partie des évaluations disons « hasardeuses » parce que le transfert peut ne jamais se faire ou se faire dans un domaine trop différent de celui visé initialement.

… (il reste sans doute d’autres techniques d’évaluation utilisables, plus ou moins adaptées à la FOAD   et qui ne sont peut-être pas encore inventées peut-être, ou qui ne sont que rarement mises en œuvre, ou qui ne sont pas connues, ou qui...).


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