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Les vers de terremercredi 18 mars 1998
FICHE GUIDE POUR L’ENSEIGNANT
Phénomène(s) ou besoin(s) ou problème(s) ou projet technologique
Les vers de terre du sol sont des êtres vivants qui se reproduisent, qui grandissent, qui se nourissent.– Point(s) du programme
- La notion d’êtres vivants.
- Etude d’un animal et de ses fonctions de reproduction et d’alimentation.
- La complexité des réseaux alimentaires et la biodiversité.
– Cycle des approfondissements (CM2 CM2 cours moyen 2ème année (5ème année d’école élémentaire) /ZEP ZEP Zone d’Éducation Prioritaire )
– Exemples de situations-problème :
Il y a des vers de terre dans le jardin mais il y en a aussi dans la pelouse de la cour de l’école, dans la forêt et sous le tas de feuilles mortes.- Que peuvent-ils manger ?
- Qui les mangent ?
- Comment se reproduisent-ils ?
– Exemples d’hypothèses faites par les élèves :
- Il y a des vers de terre partout même dans la cour de récréation (bitumée).
- Ils n’aiment pas l’eau mais il leur en faut un peu.
- Ils mangent de la terre.
- Ils ne mangent pas .
- Ils ne mangent que des feuilles mortes.
- Ils se nourrissent de déchets végétaux.
- Ils ne mangent que ce qui est pourri.
– Exemples d’expérimentations proposées et de recherches faites par les élèves :
- Mettre des vers de terre dans un terrarium et les regarder vivre.
- Mettre des couches de terre noire, des couches marron, des couches de sable, du gravier des pierres et observer ce qu’ils préfèrent.
- Mettre des feuilles mortes dans un terrarium et observer ce qui se passe.
- Chercher des renseignements dans les livres de la BCD ou de la médiathèque municipale. Interroger les pêcheurs qui utilisent les vers de terre et les jardiniers qui mettent des produits pour les tuer.
- Utiliser la machine à élever les vers de terre et faire les expériences de la notice.
– Exemples(s) d’expérimentations mises en oeuvre et de recherches faites en classe :
- Matériels : des terrariums, des bouteilles plastiques, des terres de couleur différentes, du sable, des feuilles mortes, des déchets végétaux, un terrarium spécial élevage de vers de terre pour les observations dans le sol.
- Mettre en route un élevage de vers de terre en se contentant de mettre des vers de terre sur du terreau. Les vitres du terrarium spécial permettent de découvrir leurs galeries et sans doute quelques tortillons en surface.
- Dans les terrariums (ou les bouteilles plastiques), disposer des couches de terres de couleurs différentes. Installer les vers de terre sur la surface. Observer.
- Dans des terrariums, disposer des couches de terres de textures différentes (terre, terreau, sable, gravier). Installer les vers de terre sur la surface. Observer.
- Dans les terrariums, sur une épaisse couche de terre (les combinaisons ci-dessus sont possibles) disposer des feuilles mortes ou d’autres déchets végétaux. Déposer sur le dessus des vers de terre. Observer.
- Dans un terrarium, mettre très peu de terre et des vers de terre. Ajouter tous les jours quelques déchets alimentaires (déchets ou restes provenant des goûters ou de la cantine par exemple). Observer.
- Construire un recueil de tous les renseignements découverts que ce soit par photocopie de documents ou de transcription d’interviews.
- Réaliser un numéro spécial du journal scolaire sur les vers de terre.
– Document(s) utilisé(s) :
- Les animaux et leurs élevages . Collection Raymod Tavernier. Bordas. 1975
- La Hulotte (revue)
– Le mot du maître :
L’antromorphisme des enfants est le plus gros problème que rencontrera l’enseignant : il est très difficile, même pour des enfants de CM2 CM2 cours moyen 2ème année (5ème année d’école élémentaire) , de ne pas se référer à l’être humain. Il ne faut refuser la comparaison mais l’orienter pour mettre davantage en valeur les différences qui montrent la complexité des êtres vivants.
La deuxième difficulté tient à la lenteur des opérations mises en route. Il ne faut pas toutes les commencer en même temps. Une par semaine semble maintenir un niveau d’attention suffisant. Ne pas hésiter à redémarrer une des expérimentations qui ne fonctionnent pas bien. Les enfants acceptent très bien les échecs quand ils ne sont pas dissimulés et quand ils révèlent les difficultés de leurs tentatives.
Le travail effectué avec les lombrics peut être, par les enfants, réinvesti dans d’autres élevages : araignées, fourmis, mouches, chenilles, escargots, ...
LE CAHIER DE L’ÉLÈVE
Les vers de terre ou lombricsPARTIE INDIVIDUELLE
la situation dont nous nous occupons
Dans la cour, sur la pelouse, il y a plein de colombins de terre. Le maître nous a dit que c’était des indices de présence des vers de terre. Il y a en a beaucoup.
les questions que je me pose
Combien y a-t-il de vers dans la pelouse ? Est-ce qu’il y a des vers de terre partout ? A quoi servent les vers de terre ? Que mangent les vers de terre ? Qui les mangent ? Est-ce qu’il y a des mâles et des femelles ? Est-ce que c’est vrai qu’un ver de terre coupé en deux se reconstruit ?
Mes hypothèses
- Les vers de terre ne servent à rien.
- Il n’y a des vers de terre que dans les jardins et dans les champs.
- Ils mangent de la terre. Les oiseaux les mangent.
- Ils se reproduisent en se coupant en deux.
les expériences que je pense réaliser
- Elever des vers de terre pour les observer pendant leur vie. En mettre dans des sols différents pour savoir ce qu’ils préfèrent.
- Chercher des vers de terre partout. Poser des questions autour de moi pour obtenir des renseignements.
ce que, à mon avis, je vais observer au cours des expériences
- Des vers de terre vont mourir ; d’autres vont grandir ; peut-être que certains auront des petits ?
- Les vers de terre vont s’installer dans la terre qu’ils préfèrent et mourir dans le sable.
ce que je fais et ce que j’observe
J’installe un élevage de vers de terre. Certains dans du sable, d’autres dans de la terre. Quelques-uns dans des feuilles mortes. Je regarde ce qu’ils deviennent pendant plusieurs jours.
J’installe des couches de terre et j’observe les couches que préfèrent les vers de terre.
ce que je peux en conclure
Les vers de terre vivent partout. Ils se nourissent de feuilles.
PARTIE COLLECTIVE
la situation problème
Les vers de terre vivent dans le sol. Ils s’y reproduisent puisque ce sont des êtres vivants. Ils s’y nourissent. Ils sont un maillon d’un réseau alimentaire.
les questions que nous nous posons
- Dans quels sols vivent les vers de terre ?
- Comment se reproduisent-ils ?
- De quoi se nourissent-ils ?
les hypothèses de la classe
Les vers de terre vivent partout dans tous les seuls dans lesquels ils peuvent pénétrer.
Ils se nourrissent de terre, ou de feuilles mortes, ou de déchets végétaux, ou de la pourriture .
ce que nous retenons
Les vers de terre sont aussi appelés lombrics. Ils font partie des vers. Ce sont des animaux invertébrés.
Ils vivent dans toutes les terres meubles qu’ils aérent, qu’ils déplacent, qu’ils mélangent. Ils se nourissent de déchets animaux et végétaux. Ils recyclent les cadavres et les détritus. Ce sont des détritivores.
Il y en a beaucoup et partout.
Texte écrit à la demande de M. Rumeau, IEN à Romorantin dans le cadre de l’expérimentation Lamap.
Mots clés : enseignant , écrivain
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RSNCT : AG1997 - Rapport moralvendredi 19 décembre 1997
« Un club : y être ou ne pas y être ? » C’était le titre d’un article de Cyclotourisme, la revue officielle de la FFCT FFCT Fédération Française de Cyclotourisme du mois d’octobre. « A quoi ça sert un club ? » Pourquoi être dans un club ? » Pour beaucoup d’entre nous, c’est évident : être ensemble, pouvoir parler d’un sujet commun, oublier le boulot, se faire plaisir, progresser dans ses activités vélos, aller de l’avant grâce aux autres...
Mais on ne pense guère alors à ce qui fait la vraie force d’un club : organiser, éduquer, protéger.
Organiser
Organiser une rencontre comme la randonnée des châtaignes avec son aspect convivial si apprécié.
Organiser des sorties les dimanches pour les grimpeurs, pour les rouleurs, pour les débutants, pour les entraînés, pour les non6entraînés, pour ...
Organiser des déplacements vers d’autres randonnées labellisées pour faire connaître le club mais aussi pour découvrir de nouveaux sites, pour s’imprégner de paysages multiples, pour rencontrer encore d’autres cyclos.
Eduquer
Eduquer tous les cyclos au comportement en groupe et au respect des autres.
Eduquer à la mécanique, à la technique vélo et à l’utilisation des dérailleurs, pignons et autres plateaux.
Eduquer au code de la route, au respect des autres usagers de la route, des chemins ou de la nature.
Protéger
Protéger les débutants et les enfants en leur proposant des itinéraires variés et adaptés à leur niveau.
Protéger ceux qui ne visent rien d’autres qu’à faire une belle promenade dominicale et ceux qui veulent s’entraîner pour franchir toujours plus de cols le prochain été, pour faire toujours plus de kilomètres dans l’année, pour améliorer toujours leur sacro-sainte moyenne.
Protéger tous les cyclos (et les autres) contre les dangers de la route ou des autres utilisateurs pas assez souvent respectueux eux non plus.
Bénévoles
Les activités sous-entendues dans ces objectifs ne sont possibles que parce qu’il y a des bénévoles qui organisent, gèrent, assument des responsabilités souvent méconnues, se font « engueuler », poussent quelques colères, remettent calmement dans le droit chemin. Et tout ça, souvent discrètement, sans rien revendiquer, si ce n’est leur appartenance au club et à la fédération.
Grincheux
Bien sûr, comme partout, il y a des grincheux, des empêcheurs de tourner en rond, des irrespectueux, des irresponsables, des e... Quelquefois, ils mettent même l’activité cyclo en péril !
Règles
Afin que tout le monde (et pas seulement les cyclos) trouve sa place, il existe des règles et des règlements, des consignes de sécurité ou d’utilisation, des lois et des arrêtés municipaux. Il va de soi que leur respect bénéficie à tous. Alors, appliquons-les ! Respectons par exemple les délais d’inscription ou d’engagement . Respectons les bénévoles qui font toujours ce qu’ils peuvent, le mieux possible . Respectons lois, règles, consignes, arrêtés et autres édits aussi contraignants soient-ils . Assumons nos responsabilités ou ne considérons pas comme infâmant de devoir les abandonner humblement à d’autres plus à même d’assumer . Par exemple, ne jetons pas d’un coup de crayon rageur un trait sur une carte routière parce que la préfecture exige que nous déclarions nos itinéraires de rencontres de cyclotourisme en respectant des délais . Non ! Préparons nos étapes avec soin et vérifions-les plutôt deux fois qu’une sans attendre la date limite .
Adhérer
Le cyclotourisme se porte bien à la Ruche Nouanaise. Continuons donc à alimenter un rapport d’activités conséquent . Permettons à tous de faire du vélo dans les meilleures conditions possibles . Tentons de satisfaire au moins partiellement les désirs cyclo de tous . Donnons à la fédération, à la ligue, au Co.dép., au club, les moyens de parler en notre nom encore plus en ne proposant que ce que l’on sait faire et peut faire, en assurant sereinement des responsabilités acceptées en connaissance de cause, en respectant tous ceux qui acceptent de sacrifier un peu de leur temps . Pour cela, il suffit tout simplement d’adhérer à un club et de prendre une licence . En échange, la fédération et le club vous garantiront pour tous les risques inhérents à la pratique du vélo et, surtout, vous proposeront un ensemble d’activités organisées dans lesquelles la sécurité sous toutes ses formes sera omniprésente .
Conclusion
Le cyclotourisme a encore de beaux jours devant lui. Peut-être même que les plus beaux sont encore à venir. Même à Nouan...
Vive le vélo ! Vive les cyclos !
Il avait de beaux jours devant lui... En ce moment, ils sont plutôt tristes.
Mots clés : RSNCT
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RSNCT : De dimanches en dimanchesvendredi 21 novembre 1997
Sommaire
C’est bien connu, les cyclos sont des gens qui font du vélo (SIC). Ils se retrouvent sur leur stade : les routes !
ENTRAINEMENTS
Ils ne visent pas nécessairement l’amélioration de leur temps de parcours ou une performance supérieure à celle de celui qui les accompagne. Ce dernier n’est jamais leur adversaire, toujours leur ami. C’est donc plutôt un co-cyclo. Pourtant l’esprit compétition existe. Si ! Si les cyclos ne se battent pas contre un adversaire qui n’existe pas dans leur cas, ils luttent avec eux-mêmes.
– Ils veulent améliorer leur moyenne ou faire aussi bien.
– Ils veulent tenir plus longtemps ou au moins aussi longtemps. Ils veulent donc aller plus loin.
– Ils veulent monter plus haut et franchir le plus de cols possibles même s’ils sont quasiment les seuls à connaître leurs exploits. Ils veulent abreuver leurs yeux jamais rassasiés de nouveaux paysages divers et différents.
– Ils veulent rencontrer d’autres cyclos pour discuter, pour être ensemble, pour découvrir de nouvelles personnalités.
– Ils veulent continuer longtemps à faire du vélo. Quel autre sport peut se vanter d’avoir des pratiquants qui sont nonagénaires ?Mais comment font-ils puisqu’ils ne font pas de compétition ? Eh bien, ils sortent ! Ils participent à des randonnées organisées plus ou moins loin de chez eux. Ils s’inscrivent pour passer des brevets dans lesquels ne figurent aucun classement si ce n’est l’ordre d’obtention.
Ils doivent donc s’entraîner, bien sûr, comme tout sportif. Pour cela ils ont inventé les « randonnées du dimanche ».
UN EXEMPLE ?
Dans notre club, nous nous retrouvons ainsi tous les dimanches du dernier dimanche de février au dimanche qui précède l’assemblée générale annuelle du club à la fin octobre. Cela représente une quarantaine de journées auxquelles il faut même ajouter les jours fériés et les autres dimanches puisque certains sortent ensemble malgré l’absence d’itinéraires définis.
En janvier, nous mettons au point les itinéraires du dimanche matin pour toute l’année. C’est le calendrier du club comme il existe le calendrier du Co.Dép., le calendrier de la ligue et le calendrier FFCT FFCT Fédération Française de Cyclotourisme (« Où irons-nous ? »).
Pour chaque dimanche, il y a deux parcours prévu : un long pour les plus costauds et un court pour les autres. La distance et l’heure de départ sont calculées pour que le groupe soit rentré pour midi (pour participer aux repas de familles par exemple). On commence par des parcours plutôt courts : 50 km pour les parcours longs et 30 km pour les parcours courts. On augmente progressivement la longueur des itinéraires jusqu’en juillet pour arriver vers 100 km ou 70 km fin juillet. On diminue ensuite ces longueurs avec la longueur du jour et donc l’horaire de départ pour revenir aux distances du début. Pour les parcours longs, les calculs sont faits sur une vitesse moyenne de 23 à 25km/h. Pour les courts, la vitesse moyenne est plutôt de 18km/h. Les départs peuvent avoir lieu à 8h ou 8h30 ou 9h.
Pour l’après-midi, c’est la randonnée des cyclotes et des cyclos beaucoup plus calmes. L’itinéraire n’est pas fixé d’avance mais est défini par les présents bien souvent en fonction des festivités qui se tiennent dans la région. Le départ a lieu soit à 14h, soit à 14h30, soit à 15h selon la période de l’année et l’heure du coucher du soleil.
Le nombre de participants est très variable : de zéro à plus de trente pour une cinquantaine de membres du club. Certains sont présents très souvent et d’autres ne sont aperçus qu’ici ou là épisodiquement. Peut-être même que quelsques-uns ne participent jamais. Qui sait ? Le nombre de participants est très proche de zéro quand le club organise une sortie pour participer à une randonnée inscrite dans l’un des calendriers de la FFCT FFCT Fédération Française de Cyclotourisme . Il est le plus haut quand un autre club cyclo vient chez nous découvrir à vélo notre belle région (la Sologne) ou quand est organisée une fête du sport par exemple.
L’ESPRIT CYCLO
Ce qui prime toujours lors de ces sorties, c’est l’esprit de groupe. On attend les retardataires ou ceux qui ont un passage à vide. On conseille les débutants et ceux (pas seulement celles !) qui demeurent fachés avec leurs dérailleurs. On répare lors des pannes. On discute surtout beaucoup : du vélo, des sorties à venir ou à organiser et des cyclos bien sûr. Mais aussi du temps, de la météo, du boulot et même quelquefois de politique (mais là, tout le monde n’ayant pas les mêmes opinions, chacun reste prudent afin de préserver les bonnes relations). Il arrive aussi que certains racontent quelsques bonnes blagues pas toujours grivoises, rassurez-vous.
Toujours reste cet esprit de camaraderie et d’amitié, ce sentiment de convivialité et d’accueil qui fait qu’on est si bien dans un club cyclo.
Mots clés : cycliste (cyclotouriste)
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Amilundi 3 février 1997
Quand tu crois en un ami
Que cet ami s’en va
Ce soi-disant ami
Sur qui tu aurais cru compter
Quand tu crois en un ami
Que cet ami se tait
Ce soi-disant ami
Que tu aurais écouté
Quand tu crois en un ami
Que cet ami devient sourd
Ce soi-diant ami
A qui tu aurais parlé
Quand tu crois en un ami
Que cet ami ne voit plus
Ce soi-disant ami
A qui tu aurais montré
Quand tu crois en un ami
Que cet ami ne regarde plus
Ce soi-disant ami
Pour qui tu aurais dansé
Quand tu crois en un ami
Que cet ami ne peut être touché
Ce soi-diant ami
Que tu aurais caressé
Quand tu crois en un ami
Que cet ami s’en va
Ce soi-disant ami
Sur qui tu aurais cru compter
Alors
Tout seul
Tu découvres la Vie
Après tout
Il peut être dur de vivre
Heureusement
Dans le coeur des hommes
Reste l’espoir -
Un peu de poésie peut-être ?jeudi 14 novembre 1996
Un mot
Juste un mot
Pas plus d’un mot
Mais un joli mot
Pas un gros mot
Un petit mot
Un simple mot
Ordinaire le mot
Simplement un mot
Oui mais quel mot ?La tête pleine de maux
Mais pas même un mot
Si ce n’est ces quelques mots
"Ne t’accuse pas de tous les maux
Écris-lui un mot
Juste un mot
Pas plus d’un mot"
Et pourquoi pas plusieurs mots ?
Après tout ce ne sera qu’un texte
Juste un texte
Pas plus d’un texte
Mais un joli texte
Pas un long texte
Un gentil texte
Ordinaire le texte
Simplement un texte
Oui mais quel texte ?Et pourquoi pas un poème
Rien qu’un poème
... -
BeloteNouvelle ludotique
jeudi 31 octobre 1996
Il était le dernier nommé. Debout sur l’immense podium, il contemplait la ville. Il jeta un dernier regard et se lança dans sa nouvelle fonction. Il avait été chargé de répartir les immeubles en petits blocs. Quatre pour être précis. Chaque bloc était formé de huit immeubles. Il faut reconnaître qu’il ne s’était guère occupé de se contenait ces immeubles. Il n’avait absolument pas tenu compte ni de ses habitants ni de la taille des immeubles. C’est ainsi que le bloc qu’il s’était attribué comportait deux immeubles habités par des coréens, un par des chinois, deux par des indiens tous plus ou moins originaires d’Amérique, un seul immeuble de noirs, deux immeubles d’européens et un d’américains du nord.
Lorsqu’il visita le quartier dont il était responsable, il découvrit qu’il n’avait que deux immeubles réellement habités dont l’un par une famille d’origine Ute particulièrement riche et très influente dans sa communauté. Deux de ses immeubles contenaient dix familles chacun, des blanches et des rouges. Dans son quartier les indiens se trouvaient ainsi majoritaires. Un des bâtiments hébergeait huit familles de coréens immigrés. Un bâtiment, impressionnant par sa couleur étonnante, le noir, s’avéra être le lieu de rencontre et de direction du peuple blanc de toute la ville. Une école se trouvait dans sa zone : l’école orientale. Face à face, dans une avenue, deux rangées de magasins, de commerces et d’ateliers d’artisans.
Il était étonnant de constater que les races ne se mélangeaient pas dans les immeubles de cette ville. Pourtant aucun racisme ne s’était manifesté depuis sa création. Aucune émeute raciale n’avait secoué la vie paisible de Belote. Aucun conflit ethnique. Aucune guéguerre tribale. D’un côté de la rue se trouvait les commerces des noirs et de l’autre ceux des blancs. C’était pratiquement les mêmes devantures. Dans les deux hôtels, un de chaque côté mais chacun à une extrémité opposées de leur complexe commercial respectif, allaient et venaient tout un peuple cosmopolite habitué depuis toujours à côtoyer des personnes de races différentes. N’étaient-elles pas toutes de Belote ?
Il envisagea de transformer l’école coréenne en université : l’université de la ville ! Mais il ne ferait sans doute pas le poids : les six familles immigrées ne lui étant que d’un maigre secours. Il savait qu’il pourrait compter sur les familles Utes et surtout sur la puissante famille Okla. Il préféra laisser faire. Il espérait beaucoup que ce serait les blancs qui aurait le pouvoir. Il en tirerait au moins une petite compensation financière. Il sentait, il ne savait trop pourquoi que cette année n’était pas de celle où l’on parle de vous, où l’on vous admire ou craint. Il cherchait désespérément comment faire comprendre à son amie Nomie qu’il avait un gain possible du côté du peuple blanc. Mais Nomie devait être plongée dans l’étude de combinaisons plus ou moins farfelues comme à l’accoutumée. De formation scientifique, elle excellait dans les statistiques et les calculs de probabilités n’avaient guère de secrets pour elle. Elle n’en était pas meilleure chef de quartier pour cela.
Les dés étaient maintenant jetés de toutes façons. Liser, son camarade de classe de toujours, était aujourd’hui encore un de ses deux opposants. Il était dit qu’ils passeraient toute leur vie à se disputer les places d’honneur. Il admettait pour lui-même, que Liser était tout de même plus fort que lui. Mais jamais il ne l’aurait admis devant quelqu’un, fut-ce Lomie qui le comprenait si bien. Le quatrième chef lui était inconnu et il ne savait guère comment il se comporterait dans les confrontations.. Pourvu qu’il soit honnête...
Les rencontres politiques, souvent de vraies confrontations, étaient appelées des parties parce que le mandat d’un maire durait seulement une année. Mais il pouvait se faire réélire autant de fois qu’il le pouvait. Il était quand même rare qu’un maire dirige plus de deux ou trois parties consécutives. Toutes les règles de fonctionnement avaient été mises en place pour cela. Et cela marchait plutôt bien depuis très longtemps. Les confrontations se tenaient donc dans l’ancien hôtel de ville devenu maintenant le siège des gouvernants de quartier. Chacun y avait ses bureaux dans une aile allant vers sa zone. Au centre du bâtiment, on trouve la salle de réunions appelées salle des confrontations. C’était en fait une salle de conférence pour pouvoir accueillir les auditeurs qui n’avaient aucun droit à la parole. Au centre, trônait la table des chefs : la corbeille. Ce bâtiment était au centre de la ville, Les chefs ne le quittaient guère. Ils devaient gérer leurs quartiers tout en faisant prospérer la ville. Ils réalisaient avec les autres chefs des échanges subtils ou l’art du diplomate faisait merveille mais ne suffisait que rarement. Au cours des années précédentes, Tron était parfois tombé sur des quartiers exceptionnels, des quartiers où toutes les intelligences d’une ville semblaient réunies. Sans se fatiguer, il lui avait été facile de ramasser un maximum de gains. Il se rappelait ce jour où, avec l’oncle de Lomie, ils n’avaient rien laissé à deux chefs qui passaient pour les meilleurs. Ils avaient acquis cette année-là, un titre qu’ils leur fallait maintenant défendre. Ils en avaient aussi obtenu l’assurance de ne pas avoir d’années chômées. Maintenant Lomie remplaçait son oncle mais elle avait été à bonne école et assumait sans rechigner sa part de responsabilités.
Il restait tout de même le risque de ne rien gagner. Le salaire d’un chef n’était en effet, que le résultat comptable de l’exercice de l’année. Encore heureux qu’ils n’aient jamais rien à débourser. Le système de gouvernement adopté ne favorisait aucune ville, aucun quartier. Tous les chefs savaient qu’ils pouvaient gagner au maximum cent soixante-deux billets de mille quetzals. Quelquefois des primes étaient offertes suivant les quartiers. Rarement, on pouvait toucher l’allocation exceptionnelle de deux cent cinquante billets. Encore fallait-il que toutes ces allocations soient partagées entre deux chefs. Toujours. Tron ne comptait plus que sur quarante billets annuels en moyenne. Depuis son dernier coup d’éclat récent avec Lomie (il avait raflé l’allocation de deux cent cinquante billets auxquels ils avaient pu ajouter une allocation exceptionnelle de 100 billets comme prime de quartier), il lui restait une petite avance qui lui permettait de voir venir. Il préférait tout de même ne pas y toucher. On a déjà vu des revers ou des retournements de situation assez brusques.
La vie continuait ainsi au gré du temps qui s’écoule inexorablement. Monotonie penseront probablement certains mais, quand on aime...
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La cinquième pileNouvelle ludotique
dimanche 31 mars 1996
J’ose essayer d’écrire une nouvelle basée sur un jeu que j’ai beaucoup pratiqué.
Depuis des jours, il cherchait . Où allait-il aller ? Il ne voyait plus d’issue .
Après avoir encore une fois fait le tour de son œuvre, il en entreprit une étude plus systématique, plus structurée . Il partit de chacune des trente-six bases fondatrices . Il se choisit une direction de base que nous appellerions Dron . Il partit ainsi à gauche, puis aussitôt à droite vers Tse, à gauche vers Tseuo, et enfin derrière vers Dus. Il termina par les quatre directions intermédiaires : Dustseuo, Dustse, Drontse et Drontseuo . Il fit ainsi un parcours immense et atterrit soudain sur une ouverture encore possible, sur une des bases extrêmes . Il était tout désemparé . Ébahi, abasourdi, il se demanda un moment comment son esprit si cartésien pouvait avoir oublié cette possibilité d’expansion . Il se remit à l’œuvre et construisit son soixante-treizième pont articulé . Pourvu qu’il puisse poser la cinquième pile !
Son système de construction, en effet, était, bien que particulier, très bien défini . Il devait obligatoirement utiliser des ponts à cinq arches, mais ces ponts ne comportaient qu’une seule pile . Il pouvait heureusement la placer selon ses désirs . C’est ainsi qu’il avait essayé la pile à une des deux extrémités de la série d’arches ou au centre ou encore à une des positions intermédiaires. Cela lui demandait évidemment beaucoup de travail, mais c’était le sien .
Il avait eu peur tout au début, quand il s’était retrouvé seul au milieu d’une pile ! Heureusement une autre était visible devant lui et une troisième à sa droite . Un paquet de panneaux articulés le gênaient et il fallait qu’il fasse quelque chose . Il construisit donc son premier passage vers une autre pile et tenta de continuer droit devant lui . Il découvrit ainsi qu’il disposait de quatre arches et que la dernière était munie d’une pile . Il prit le risque de la lancer dans le vide après l’avoir adapté au dernier panneau qui lui restait . La pile se déplia correctement . Il venait de construire un premier pont . Ce devait être ça le but de sa nouvelle activité
Heureux sans trop savoir pourquoi, il alla vérifier si cette cinquième pile était aussi solide que les quatre autres . C’est alors qu’il découvrit un nouveau assemblage articulé : un nouveau pont sans nul doute . Il ne chercha pas comment il était arrivé là . Voyant une nouvelle pile malheureusement très éloignée, il commença son nouveau pont en installant la pile à la première arche . Il réussit sa tentative et se retrouva alors sur un long pont de huit arches .
Un nouveau pont était à sa disposition . Il lança la première arche en continuant droit devant lui . Elle tomba sur une pile . Mais . . . aucune autre n’était visible . Il découvrit alors que la première arche donnait la direction du pont et qu’on ne pouvait pas construire un pont avec un angle . Un pont, c’était quatre arches alignées et posées sur cinq piles . Rigidité oblige sans nul doute . Pour continuer le pont entamé, il fit une tentative , qui réussit en incorporant la pile à l’arche à poser . Mais il n’y avait toujours pas de pile en vue pour la suite des arches et il n’en avait pas en réserve . Il parcourut toute son oeuvre (dix arches) sans trouver de nouveaux ponts articulés .
Il décida donc de récupérer celui incomplètement posé et de tenter sa chance avec des piles non encore utilisées . Revenant sur ses pas, il partit sur la droite et réussit à poser son pont articulé . Il en découvrit un autre prêt à l’emploi . Cette découverte qui devenait systématique le rassura et le stigmatisa . Il transporta son pont sur sa première construction et tenta de récupérer le premier pont posé . Impossible . La pile amovible ne l’était plus . Elle était aussi solide que les autres et ne s’en distinguait d’ailleurs nullement . Dans quelle aventure était-il tombé ?
Après de nombreuses tentatives, de nouveaux ponts articulés toujours identiques, des échecs épuisants, il avait réussi à constituer un treillis pas toujours régulier mais tout de même assez uniforme . En perspective, il pouvait d’ailleurs le confondre avec une plate-forme . Il était heureux . Il allait laisser tomber cette aventure lorsqu’il songea qu’il lui fallait encore en trouver le moyen . Il entreprit donc l’étude systématique de son oeuvre . C’est ainsi qu’il découvrit de nouvelles expansions possibles et qu’il continua durant des jours et des jours à construire et à chercher .
Sa technique s’était améliorée . Au lieu de poser seulement un pont complet (quatre arches et une pile) en une heure, il parvenait à en installer un en à peine une demi-heure . Il découvrit, au cours d’un instant de délassement qu’il pouvait, en grimpant sur le pont non encore utilisé, avoir une vue d’ensemble plus importante et prévoir des nouvelles positions sans avoir à débuter un nouveau pont . Il suffisait que quatre piles soient libres dans la même direction et qu’il y est un emplacement libre pour la pile à ajouter dans le pont préfabriqué . En effet, un nouveau pont articulé apparaissait chaque fois qu’il avait terminé la pose de l’un d’eux mais jamais avant . Alors, il ne pouvait plus déplacer ses constructions . Il faisait donc attention . Pour l’instant il y allait de bon coeur . Il avait tellement de possibilités ! Il ne découvrit jamais qu’il pouvait ne pas utiliser la pile qui lui était présentée et s’en servir plus tard quand bon lui semblerait, la garder en réserve en quelque sorte . C’est ainsi que plusieurs fois, cinq piles alignées ne furent jamais équipées de leur pont . Il le regretta, c’est tout . Il dut faire un peu plus de chemin, un petit détour, voilà tout .
Il construisit ainsi un treillis, une immense plate-forme qui donnait un territoire, un espace qu’il considérait comme de plus en plus vital sans comprendre ce sentiment .
Au bout d’un temps assez long, vers son cinquantième pont environ, il commença à avoir des difficultés à en construire de nouveaux . Il passait de plus en plus de temps à chercher de nouvelles expansions . Même s’il se déplaçait de plus en plus vite, même s’il connaissait son oeuvre dans les plus petits détails il finissait par passer de plus en plus de temps à chercher . Construire un pont, lorsqu’il en avait repéré la possibilité lui était un jeu . Il aurait pu le faire maintenant les yeux fermés . Un quart d’heure lui suffisait . Il jubilait et cherchait .
Au-delà de son soixantième pont, il n’en posait qu’un par demi-journée . Le reste du temps, il fouillait systématiquement l’horizon du haut de son pont préfabriqué à installer . Il mit une journée pour trouver l’emplacement du soixante-cinquième . Le soixante-septième lui demanda six jours . Il ne trouva le soixante-huitième qu’au bout de dix jours alors qu’il allait renoncer .
Quinze jours plus tard, épuisé, ne trouvant plus d’expansions, il entreprit une nouvelle visite systématique de son oeuvre, en long, en large, en travers et encore en travers . Les mailles n’étaient pas toujours régulières . Il découvrit des culs-de-sac, des caps ou des presqu’îles d’où il pouvait voir toute son oeuvre . C’est alors que par hasard, il découvrit la possibilité de construction d’un autre pont . Heureux, plein d’espoir, il partit chercher le pont qui lui restait qu’il avait abandonné dieu-sait-où . Il mit plusieurs heures à le retrouver . Il construisit ainsi son soixante-neuvième pont, tout près de ses premières constructions .
Ne découvrant plus rien, il décida de retrouver la pile de laquelle il était parti, cette pile qui l’avait lancé dans cette nouvelle aventure . Il n’oublia pas le dernier pont préfabriqué qu’il trouvait de plus en plus lourd . La fatigue sans doute . . . Il mit peu de temps à retrouver son point de départ au fond d’un pont en impasse ! Il se mit à examiner l’espace vide devant lui, se demandant quand cette aventure allait se terminer . Il ne voyait pas le destin de cette plate-forme qu’il considérait comme sienne . Il était las et maintenant de plus en plus persuadé qu’il ne trouverait plus aucune expansion . Aurait-il perdu ? Il fallait bien que cela arrive un jour . . .
C’est alors qu’il vit surgir de l’infini un vaisseau qui s’arrêta à environ deux arches de la pile . A l’aide de son dernier pont inutilisé, il put atteindre le palier d’entrée de la porte ouverte mais deux gardes lui en barrèrent l’accès . Deux questions lui furent posées .
– Qui êtes-vous ?
– Je m’appelle Morpion et je suis aventurier-bâtisseur . Et vous ?
– Je m’appelle Tair . Lui, c’est Soli . Nous sommes des Egna-gardiens . Comment appelez-vous votre construction ?
– Je ne sais pas moi . . . voyons . . Vous vous appelez Tair, dites-vous ? Alors, Terre, ça vous va ?
– D’accord . Vous pouvez entrer . Sachez que d’autres ont fait mieux que vous, beaucoup mieux que vous . Dans les mêmes conditions de départ, certains ont utilisé plus du double de ponts . Enfin, vous avez réussi mais vous ne vous êtes pas beaucoup trituré l’esprit .
– J’ai fait ce que j’ai pu . . .
– Voulez-vous tenter de continuer votre oeuvre, de la rendre vivante ? Nous vous précisons au préalable que personne n’a encore réussi .
– . . .
– Alors, votre réponse ? -
Quelques définitions en écologiePour une information dans le cadre de l’éducation à l’environnement
mercredi 20 septembre 1995
Avertissement : le texte suivant a été écrit en 1995. Ils constituaient les deux premiers chapitres d’un essai de livre qui aurait pu s’intituler « Eduquer à l’environnement ». Les aléas de la vie quotidienne (que ces aléas soient personnels ou professionnels) ont fait que ce projet n’a jamais été mené à bien et ne le sera sans doute jamais.
Sommaire
La planète terre était tout entière, il y a encore peu de temps « resnullius »/* [1]. Pour les indiens d’Amérique, cette notion était partie intégrante de leur philosophie de la vie. Ce fut d’abord le sol qui perdit cette qualité . Maintenant l’eau est en train de la perdre . Reste l’air. Pour combien de temps encore ne sera-t-il la propriété de personne ?
Vivre (Il vaudrait d’ailleurs mieux dire survivre . ) est devenu malgré le modernisme le combat quotidien de beaucoup d’entre nous : chômage, SDF, nouveaux pauvres, restaurants du coeur, ... en sont des témoignages . Et nous oublions alors de prendre modèle sur l’organisation des êtres vivants, sur leurs interactions qui bien que paraissant dures, violentes quelquefois, laissent toujours la place à la vie, privilégient toujours la vie et donc la survie. Il nous faut donc réapprendre à vivre, apprendre à vivre avec les autres, apprendre à vivre ensemble, apprendre ensemble à vivre .
Entre les affaires et la charité, il reste une place trop souvent négligée maintenant : celle de la vie, la vie simple, la vie
ordinaire . (On a envie de dire de la vie naturelle mais l’adjectif naturel a pris des connotations typées et donc gênantes . )Le social, la religion, la politique, la philosophie, l’écologie constituent le quintette de base de la vie des êtres humains . Ces derniers ont pourtant tendance à oublier le dernier élément et à trop privilégier l’un (quel qu’il soit) aux dépens des autres . L’ être humain est aussi un être vivant . Des réflexions trop orientées lui ont donné « la grosse tête » et il l’a oublié . Il doit donc réapprendre .
La science du vivant navigue toujours entre deux pôles . L’un tend vers l’élémentaire, repère, distingue, sépare et cloisonne pour mieux comprendre chacun des constituants avant de les soumettre à leur tour à cette tendance pour arriver à la base du vivant, celle qui rejoint la physique : le code moléculaire de base, la chaîne d’ADN et le génôme . L’autre pôle veut aller davantage vers la vie, va vers l’assemblage, la mise en relation, les co-actions, voudrait gérer tous les paramètres, étudie donc l’environnement humain et découvre les biocénoses . Peut être qu’entre les deux, ou quelque part sur une médiatrice, existe un autre pôle encore trop complexe mais vers lequel on s’oriente : celui des systèmes vivants dans lesquels l’observateur est inclus et influe de par sa seule observation ; mais là, les balbutiements de la recherche ne restent encore que des chuchotements incompréhensibles pour la plupart d’entre nous même si nous commençons à intégrer les données qui nous sont offertes par l’analyse sytémique . Et si l’éducation intégrait l’*apprentissage* de cette nouvelle manière d’aborder notre environnement quotidien ?
Quelques définitions
Un mot existe-t-il parce qu’il est dans le dictionnaire ? Ou un mot n’entre-t-il dans le dictionnaire que parce qu’il existe ? Polémique de linguistes ou de pédagogues sans nul doute . Pourtant nombre de mots surgissent et tels les mathématiques modernes n’ont de modernisme que la mode plus ou moins récente de leur fréquente utilisation . Le mot « plancton » dont depuis l’expérience de Bombard tout le monde connaît le sens a été pourtant créé à la fin du XIXè siècle. Il en est de même
avec de nombreux mots particulièrement dans le domaine de l’écologie .Mais diront les vulgarisateurs, les journalistes et les pédagogues, toutes les disciplines scientifiques ont leur métalangage, plus ou moins ésotérique pour le profane . Pourtant tout scientifique sérieux vous dira que ce vocabulaire n’est que précis et permet des échanges fructueux, efficaces, sans contre-sens . Et les vulgarisateurs, les
journalistes et les pédagogues ont eux aussi leur langage spécial/spécialisé que nous ne comprenons pas toujours . Tout comme les écologistes . Alors ne faut-il pas commencer par quelques définitions, par l’explication de quelques mots dont certains semblent connus mais créent des contresens menant quelquefois au dialogue de sourds .écologie - écologie politique
Il ne semble pas nécessaire ici de définir ce que sont la zoologie, la botanique, la biologie ou la physiologie . L’idée que chacun s’en fait suffit certainement en écologie .
Ecologie : Bernard Dussart dans « Principes et applications de l’écologie » la définit comme la « science des actions, réactions et coactions des êtres vivants intimement associés à leur milieu de vie - inorganique et organique, physique et biologique - ... ».
Pour HAECKEL, l’écologie est la science qui étudie les interdépendances entre les êtres vivants et leur milieu, l’homme ne faisant pas partie de l’étude . (HAECKEL écrivait oecologie . )
Pour un géographe, l’écologie est la science qui étudie les rapports entre l’homme et la biosphère .
Pour un sociologue, l’écologie est la science qui étudie les comportements de l’homme dans la société qu’il s’est créée, dans son environnement .
Pour un naturaliste, l’écologie est la science qui étudie ce milieu vital que l’on nomme la biosphère .
Aujourd’hui, le mot « écologie » a une nette tendance politique alors qu’il désigne d’abord une science parmi les sciences dites exactes. Il veut pourtant simplement désigner la simple « étude des relations des êtres vivants avec le monde extérieur ambiant » . L’écologie dont tous les politiciens parlent devraient s’appeler écologie politique ne serait-ce que pour la distinguer de celle dont nous venons de parler. Mais ces hommes sont d’abord des hommes de pouvoir et celui-ci ne peut être acquis dans une société démocratique comme la nôtre que par l’adhésion du plus grand nombre : tous les moyens sont donc utiles pour tenter de rallier les indécis. C’est pour cela qu’une tendance commence à apparaître : ceux qui étudient et pratiquent l’écologie dans son acception scientifique se désignent de plus en plus par le terme d’écologues.
environnement
L’environnement est l’ensemble de ce qui nous entoure, nous, êtres humains. Par extension, l’environnement sert aussi à nommer, souvent de manière trop rapide, l’ensemble de ce qui entoure un ou des êtres vivants quels qu’ils soient. Chacun d’entre nous a une notion plus ou moins intuitive de ce qu’est l’environnement. Elle est générique et passe donc à peu près partout.
nature, naturel, naturaliste
Nature et naturel sont deux mots employés maintenant à « toutes les sauces ». Tous ceux qui recherchent à propos de la Nature ou apprennent à mieux la connaître évitent d’utiliser ces mots. C’est un des moyens qu’a le langage de s’adapter à l’évolution de la langue. Par contre naturaliste qui fait partie de la même famille de mots conserve son sens : personne qui se livre à l’étude des plantes, des animaux ou des minéraux (même si quelquefois la confusion est établie avec le naturaliste qui "naturalise" les animaux.
niche écologique
La niche écologique est d’abord une niche . Cette boutade cache l’origine de l’expression . Créée par Elton à la fin des années vingt, elle lui fut inspiré par son chien ! Il voulait ainsi définir tout ce qui constituait l’environnement biologique de son chien jusque dans ses rapports à la nourriture ou aux jeux . En fait il parlait sans doute de
l’habitat .En 1970, Husson définit la niche écologique comme « l’ensemble à la fois fonctionnel et spatial occupé par une des populations constituant la biocénose » . Il n’a que le tort d’utiliser un terme mal connu pour la définition : on a ainsi toutes les chances de tomber dans le cercle vicieux du serpent qui se mord la queue . Pour définir _biocénose,_ il y a fort à parier que nous allons utiliser l’expression « niche écologique » : nous n’aurons alors guère avancé dans notre compréhension .
En 1974, Dreux la définit comme « l’ensemble des caractéristiques écologiques de l’espèce : habitat, nourriture, lieux de reproduction, résistance aux facteurs du milieu, rapports avec les espèces concurrentes ou ennemies » .
Certains n’y voient encore qu’une petite portion du « milieu naturel » . D’autres la confondent toujours avec habitat .
En 1993, Michel Lamy définit la « niche écologique » d’un animal comme la partie où il vit. Cette définition peut paraître bien simpliste quand on sait que M. Lamy est le vice-président de l’Université de Bordeaux I et co-directeur du Certificat International d’Ecologie Humaine (excusez du peu !). Pourtant elle explicite simplement ce mot bien illustré par l’exemple de Lamy : « le sanglier a pour biotope la forêt, et pour niche écologique le sol. » Pour tout un chacun, la forêt est composée d’arbres (évidences ?), mais un sanglier ne vit pas dans les arbres, ni dans les frondaisons, ni au niveau du tronc, ni dans le feuillage supérieur (ce dernier constitue une niche écologique dont on vient juste d’entreprendre l’étude), ni dans la terre, sous le sol, au niveau des racines. Sa niche écologique, c’est le niveau du sol de la forêt.
biotope
Nous venons d’utiliser au passage, un terme encore peu usité dans le grand public : le biotope. Au sens éthymologique du terme, c’est le lieu de vie (de bios et topos). Il est défini par la description de caractéristiques physiques et/ou chimiques (on dit abiotiques quand on veut jouer les scientifiques... ou qu’on l’est réellement !). Ces caractères peuvent, par exemple, être l’humidité, la températue, l’éclairement, la composition chimique des gaz,... Ce sont à ces critères que l’on fait allusion quand on dit qu’une espèce s’est adaptée. On sous-entend alors que l’espèce s’est adaptée au milieu environnant, aux caractéristiques physico-chimiques de son lieu de vie. Peut-être d’ailleurs devrait-on dire que l’espèce en s’adaptant, colonise le milieu dans lequel elle s’installe. Les cormorans sont peut-être en train de coloniser la zone des étangs de Sologne par exemple [2]
Tout être vivant occupe une zone qui lui est propre, dans laquelle il puise tous les éléments qui lui sont nécessaires à sa survie ou à sa vie. Cet espace est appelé habitat pour les animaux et station pour les plantes. Pour être plus générique, on utilise le terme de milieu. Il est quasiment synonyme de biotope mais il fait moins peur.
milieu naturel
Quant à l’expression « milieu naturel », c’est un pléonasme. En écologie, tout milieu est naturel en ce sens qu’il contient nécessairement une parcelle de nature tant qu’il possède une parcelle de vie. L’espace est-il un « milieu naturel » ? Est-il seulement un milieu au sens écologique du terme ? Est-il seulement un lieu où tout reste
possible ? Vaste problème philosophique et/ou épistémologique auquel nous ne nous attacherons pas.population
Lorsque il a été fait allusion à l’adaptation, il était fait référence à l’espèce et non pas à l’animal. L’écologie ne considère guère l’animal comme sujet d’étude. Elle le réserve à la biologie qui s’occupe plus spécifiquement de l’individu, de la cellule ou de l’élément de base de la vie terrestre, les acides nucléiques. L_’écologie_ préfère être plus générale : elle s’occupe donc de l’espèce tout entière, de l’ensemble des animaux d’une espèce. Cet ensemble est d’abord défini par son nombre d’individus, par sa population avec ses critères de croissance, de déplacement, d’adaptation, d’évolution,...
répartition, aire de distribution
Cette population occupe un territoire suivant une densité jamais régulière, toujours variable selon la surface étudiée. L’ensemble du territoire occupé par une espèce constitue son aire de distribution qui comprend des zones à faibles, moyennes ou fortes densités. Ces densités constituent l’élément essentiel de sa répartition. Cette denière peut être très faible dans le cas d’une espèce en voie de disparition (les ours des Pyrénées par exemple) ou très forte (les chevreuils ou les sangliers en Sologne).
Bien entendu, toutes ces espèces interfèrent entre elles. Nous allons entrer là dans le domaine le plus passionnant qui soit : celui des relations entre les êtres vivants.
équilibre, écosystème, biocénose, ...
Jusqu’ici, nous n’avons défini des termes qui relevaient davantage de la description objective d’objets au sens large du terme, de l’étude d’éléments distincts et facilement repérables.
Mais ces populations, ces milieux, cet environnement, ces espèces interférent entre eux. Les espèces se maintiennent par rapport au milieu, par rapport aux autres espèces, par rapport à leur propre population. Toutes ces relations constituent une dynamique, engendrent des flux permanents, des régressions ou des expansions de populations, des déplacements, des confinements, des apparitions, des disparitions, se stabilisent pour un certain temps en équilibre instable et fragile. Cette notion d’équilibre pour un temps donné est fondamentale en écologie. Elle constitue un concept encore en évolution et à propos duquel on rencontre de plus en plus de recherches, d’études, d’essais... Beaucoup de représentations mentales engendrées par cette méconnaissance sont bien ancrées et difficiles à modifier, à faire évoluer. L’homme ne croit-il pas encore pouvoir jouer à l’apprenti sorcier et rétablir des équilibres qu’il a détruits ? créer de toutes pièces de savants assemblages qui ne restent jamais plus stables que les autres ? se substituer à la Vie pour gérer la planète qui constitue son aire de distribution ? La Nature reste la plus forte. Il n’est que de voir la rapidité qui a dépassé toutes les espérances, avec laquelle elle a su faire disparaître les traces des grandes catastrophes écologiques d’origine humaine en France telle celle dite du : « Torrey Canyon » !
consommateur, prédateur, destructeur, chaîne alimentaire, ...
Si la dernière expression et les deux premières sont bien connues, la troisième est fréquemment ommise. Et pourtant, ce sot les destructeurs qui permettent au cyvle de se fermer. Quant à la chaîne alimentaire elle est une notion qu’il vaudrait peut-être mieux abandonner parce qu’elle donne une impression de linéarité qui est totalement fausse. Les chaînes alimentaires sont imbriquées les unes dans les autres et constituent le réseau alimentaire qui serait déjà davantage explicite. Même cette conception omet la complexité de la vie. A force de vouloir simplifier, on étudie les éléments de la vie mais on en néglige les relations entre ces éléments. Or, ce sont peut-être ces relations qui sont les éléments essentiels pour déterminer la vie. En cela l’analyse systémique nous apporte bien davantage que les cloisonnements scientifiques parce qu’elle révèle la complexité de toute étude portant sur la vie. Les consommateurs et les prédateurs sont un moyen commode de décrire mais ne devrait pas être utilisé pour classer : ils ne peuvent pas être des titres de colonne ! La plupart des espèces animales étant tantôt prédatrices, tantôt consommatrices...
Ce texte a été écrit en 1995.
Mots clés : enseignant , écrivain , bookperso
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Habitudelundi 27 septembre 1993
La nuit tombe sur mon village
Demain matin il fera jour
Comme d’habitude
Les gouttes s’écrasent et ruissellent
Tout à l’heure il fera beau
Comme d’habitude
La télé, le téléphone, les enfants qui braillent
Vivement le silence légalisé dix heures
Comme d’habitude
Des nouilles aujourd’hui des patates demain
Une assiette pleine qui se vide
Comme d’habitude
Le lit douillet et la chambre à secrets
Une femme qui se déshabille le sexe
Comme d’habitude
Un ami qui rentre un apéritif qui coule
La discussion s’éternise
Comme d’habitude
La maison à payer et le traiter à régler
Le percepteur me verra demain
Comme d’habitude
Aller au boulot repartir au travail
Revenir le soir
Comme d’habitude
Planter ses salades arroser ses carottes
Cueillir quelques fleurs
Comme d’habitude
Défilé commémoration souvenirs
Fanfares et discours
Comme d’habitude
Le musée unique le château incomparable
Le terrain de camping
Comme d’habitude
Aimer l’autre rencontrer les autres
Vivre au son des jours
Plongé dans l’habitudeMots clés : bookperso
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Vivrevendredi 25 octobre 1991
Un bouquet de fleurs pour sempiternelle question
L’homme est ainsi fait plein de contradictions
Qui lui font repousser l’espoir-rêve le rêve espoir
Parce que la réalité dure à percevoir masque la question
Quelle vie ?Un tableau où le visage du bonheur ne fleurit jamais
Une porte qui s’ouvre et que tout le monde fermerait
Une paire de godasses du magazin à solutions
Tout est remis en question mais demeure l’exclamation
Quelle vie !Ne chante pas victoire quand la mer bleue de l’espoir
T’envoie chez toi un bouquet d’épines chaque soir
Seule abandonnée elle tient parce qu’elle est
Pense à elle dépose et résouds l’affirmation
Quelle vie.
lorand.org


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