Articles les plus récents
-
NR > " Il a voulu se défendre " lundi 16 mars 2015
Au cours de sa plaidoirie, le bâtonnier Jean-François Mortelette a commencé par exprimer sa compassion pour la famille du défunt. Puis il s’est attaché à retracer le parcours de Gagik « pour comprendre les faits, il faut connaître l’homme et sa culture. Il a été marqué physiquement et moralement par l’accident qui a brisé sa jambe et qui s’apparente à une tentative de meurtre. Il prenait de l’héroïne pour calmer sa douleur. »
L’avocat de la défense s’intéresse ensuite aux faits du 7 mars 2013 allant jusqu’à utiliser deux chaises pour recréer l’intérieur de la voiture et mimer la scène. « La description faite par mon client et l’oncle de Tévos est crédible. Ça se bouscule, ça va vite, mon client est faible par rapport à son beau-frère, un ancien boxeur qui fait 1,80 m pour 100 kg. Il ramasse un objet croyant à un outil. Était-ce son couteau  ? Je n’en sais rien. Il s’est défendu, mais je ne vous plaide pas la légitime défense, ce serait faire affront au code pénal  ! Sa réaction a été disproportionnée. Aujourd’hui, il se sent coupable et doit vivre avec ce drame, il a envoyé au juge un dessin représentant deux tombes  : celle de son beau-frère et la sienne. Je vous demande de réduire la peine demandée par Madame l’avocat général. »
Gagik Shahbabyan a demandé une nouvelle fois pardon pour son geste fatal.
La cour et les jurés ont rendu leur décision après trois heures de réflexion  : l’accusé a été condamné à huit ans d’emprisonnement.Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Huit ans de prison pour la rixe fataleCour d’assises de Loir-et-Cher (session de mars 2015)
lundi 16 mars 2015
L’accusation avait requis dix ans contre le père de famille arménien jugé pour avoir tué son beau-frère d’un coup de couteau en 2013 à Blois.
Sommaire
L’accusé et son avocat Me Mortelette. - (Dessin, Stéphanie Bardoux)Le drame jugé depuis jeudi s’est non seulement soldé par la mort d’un homme, il a aussi détruit toute une famille. Hier matin, la cour a entendu le témoignage sobre et digne de Nataliya, la veuve de Tevos Shagbazyan, cet homme qui a succombé au coup de couteau porté par son beau-frère, Gagik Shahbabyan, le 7 mars 2013, sur un parking des Cornillettes à Blois. « Je l’aimais énormément, c’était un mari très aimant, très attentif, Tevos est mort la veille de notre anniversaire de mariage. Ce qui très dure à supporter, c’est qu’on a cherché à nous cacher la vérité. » Le défunt a aussi laissé derrière lui deux filles.
En leur nom, Me Anne Durand a déploré les versions incohérentes livrées aux policiers par l’accusé et l’oncle qui a assisté à la rixe. « Ce dossier est gangrené de mensonges  ! Ils ont d’abord inventé une agression par des Arabes et fait établir un portrait-robot fantaisiste, puis ce fut la dérobade quand l’accusé a chargé, certes brièvement, son oncle. La veuve de Tevos a eu des doutes quand elle a constaté l’absence de Gagik à l’enterrement de son mari. Celui-ci était parti en Belgique. Hier, à la barre, l’oncle a de nouveau menti, ma cliente a droit à la vérité. »
" Réponse disproportionnée "
L’avocate des proches de la victime a demandé aux jurés de ne pas suivre le conseil de l’accusé si jamais il cherchait à plaider la légitime défense. « La réponse de l’accusé fut disproportionnée, le motif de sa colère ne valait pas qu’il sorte un couteau. Ce dossier est contrasté, oui la victime a donné des coups, mais pas autant et sûrement pas de façon aussi violente que Gagik l’affirme. Le couteau a disparu, mais il est évident que c’était le sien, sa femme affirme qu’il en portait souvent avec lui. »
A 12 h 15, l’avocate générale Delphine Amacher entamait son réquisitoire en donnant aux jurés la définition des coups mortels reprochés à Gagik, autrement dit des violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La magistrate déplore à son tour les mensonges, puis la tentative de fuir en Belgique.« L’accusé était incapable d’assumer ses actes, il avait peur de la réaction de sa communauté, de sa famille, de sa femme qui était la sœur de la victime. Aujourd’hui encore, il minimise sa responsabilité. La nuit des faits, ces hommes étaient alcoolisés, mais pas ivres. C’est lorsque les deux beaux-frères se sont disputés sur la conduite, puis ont échangé leur place au volant que les versions divergent. »
Pour l’accusation, il n’y a sans doute pas eu autant de coups que prétendus. « On peut imaginer que Tevos a pris Gagik par le col pour le sortir plus rapidement car son beau-frère était ralenti par son handicap, mais l’accusé ne pouvait alors imaginer qu’il allait le tuer ni même le blesser. C’est sa colère d’avoir été insulté et débarqué qui a pris le dessus. Il ne voulait pas le tuer, mais son geste fait preuve de volonté et de détermination. Puis il lui a tout de suite porté secours. Ses regrets sont sincères. »
Le ministère public a requis 10 ans de réclusion criminelle.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > " C’est parti instantanément " lundi 16 mars 2015
La veille du drame, Gagik a été appelé par son beau-frère que tout son entourage surnommait Arthur. Une visite est programmée à Gien chez une connaissance en compagnie de son oncle prénommé Sourik. Le trio commence par acheter des bières dans un hypermarché, puis met le cap sur le Loiret. Sur place, les hommes continuent à consommer de l’alcool. Au retour, Arthur reproche à Gagik de conduire trop vite et la dispute éclate. Gagik s’arrête pour laisser le volant à son beau-frère. Chemin faisant, Arthur a donné des coups à Gagik. Peu après le péage de Blois, il s’arrête à nouveau et le frappe encore. La voiture arrive sur le parking de l’immeuble où réside l’accusé, aux Cornillettes. L’altercation se poursuit. Arthur empoigne son beau-frère par le col pour le sortir de la voiture. « J’ai eu peur, je voulais qu’il me lâche », a expliqué l’accusé. Gagik a saisi un couteau et donné un coup à Arthur au moment où celui-ci l’agrippait. « C’est parti instantanément. » Le couteau de type Opinel n’a pas été retrouvé. Gagik affirme qu’il se trouvait posé entre les deux sièges avant de la Ford Focus. La victime a été rapidement emmenée aux urgences, mais la blessure d’une profondeur de 10 cm a provoqué une hémorragie fatale.
Aux policiers, Gagik a d’abord livré une histoire d’agression survenue dans la ZUP. Relâché après une première garde à vue, il s’est rendu en Belgique avant de se raviser et se présenter aux policiers le 3 avril suivant.« J’ai eu peur », dit-il. Des représailles  ? De la honte provoquée par le regard des siens  ? Difficile à dire. Toujours est-il que l’homme regrette amèrement son geste. Il a fait deux tentatives de suicide en prison. « Je voulais rejoindre mon beau-frère. »
Les débats reprennent ce matin à 9 h, verdict dans la soirée.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Accusé d’un coup de couteau mortel Cour d’assises de Loir-et-Cher
lundi 16 mars 2015
Un père de famille arménien comparaît depuis hier pour répondre de la mort de son beau-frère lors d’une altercation survenue le 7 mars 2013, à Blois.
Sommaire
L’accusé (au centre) a demandé pardon aux proches de la victime. « Je ne voulais pas le tuer, c’est une tragédie. » - (Dessin d’audience, Stéphanie Bardoux)Jeudi 7 mars 2013. Il est 4 h 30 du matin. Une voiture arrive en trombe au centre hospitalier de Blois et se gare devant la porte des urgences. Deux hommes sortent du véhicule, tambourinent à la porte. Un médecin vient à leur rencontre, puis va chercher de l’aide. On extirpe un blessé de la banquette arrière, puis on l’évacue sur un brancard vers la salle de déchoquage. Il est déjà trop tard pour Tevos Shagbazyan. Ce grand gaillard de 38 ans va rapidement succomber d’un unique coup de couteau porté au niveau du cœur.
Un homme comparaît depuis hier matin pour répondre de sa mort. Gagik Shahbabyan est âgé de 47 ans. Ce père de famille était le beau-frère de la victime. Détenu depuis pratiquement deux ans, il est accusé de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Bien que s’exprimant assez correctement en français, cet homme aux cheveux poivre et sel a demandé l’assistance d’une interprète.
Avant de répondre aux premières questions de la présidente Catherine Paffenhoff, l’accusé se lève et demande à s’adresser dans sa langue natale aux proches de la victime, en particulier sa veuve assise face à lui.Il éclate en sanglots
« Je ne voulais pas le tuer, pardon, c’est une tragédie », s’exclame l’homme avant d’éclater en sanglots et se prendre la tête entre les mains.
Gagik Shahbabyan est né en 1968 quand l’Arménie faisait encore partie de l’empire soviétique. A la chute de l’URSS en 1990, son pays sombre dans le chaos. « Il n’y avait plus de travail, plus de pain. » Plus grave encore, sa famille se retrouve en conflit avec le maire de la ville qui convoite son terrain et sa maison. « J’ai préféré quitter le pays et passer en Ukraine pour fuir cette injustice. » En 1998, Gagik est renversé par un 4 x 4. Il est persuadé que le véhicule était piloté par un sbire du maire en représailles. Conséquence, l’accusé a été opéré à de nombreuses reprises et a dû se faire poser une prothèse de la hanche. La canne dont il s’aide pour marcher est posée contre un radiateur du box des accusés.
Gagik et les siens ont finalement rejoint l’Allemagne, puis la France en juin 2003. Quelques mois plus tard, ils sont accueillis à Blois. La vie de cet homme formé à l’architecture et aux travaux publics n’est pas rose tous les jours. En 2006, la famille perd son logement, le père passe souvent la nuit dans sa voiture tandis que sa femme et ses trois enfants trouvent refuge chez des proches. Pour oublier cette galère, il s’adonne à l’héroïne, drogue aujourd’hui remplacée par de la méthadone. En 2010, cet Arménien obtient un titre de séjour qui lui permet de travailler. La famille finit par s’installer dans un appartement aux Cornillettes. L’espoir d’une existence stable semble enfin se concrétiser.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > SUÈVRES Les jeunes braqueurs du bar-tabac condamnés lundi 16 mars 2015
Quatre jeunes (trois mineurs et un majeur), domiciliés à Mer, comparaissaient depuis lundi devant la cour d’assises des mineurs à Blois. Ils étaient accusés du braquage du bar-tabac Le Paris-Vincennes à Suèvres. Le samedi 22 juin 2013, vers 21 h, quatre individus masqués dont un était armé d’un pistolet avaient fait irruption dans l’établissement. Ils avaient aspergé la patronne avec une bombe lacrymogène et s’étaient emparés de 600 euros. Des clients avaient réussi à les mettre en fuite.
Hier, le ministère public a demandé cinq ans de prison dont un avec sursis pour le majeur et cinq ans dont deux avec sursis pour les mineurs. Le verdict est tombé peu avant 20 h dans des conditions houleuses. Le majeur est condamné à cinq ans ferme, un mineur à cinq ans dont deux sursis, un second mineur à deux ans ferme aménageables, un dernier mineur a écopé de trois ans dont un avec sursis.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Dominique Puechmaille procureure de Bloislundi 16 mars 2015
Le hasard quelquefois fait se rencontrer des évènements. C’est ainsi que, suite à la journée de la femme, la NR publie une série d’articles, pendant la 1ère cession des assises de Loir-et-Cher (mars 2015) sur "les femmes de Loir-et-Cher ont du talent" en commençant par la procureure de Blois.
Dominique Puechmaille dirige le Parquet depuis 2009.Au Parquet de Blois, on trime jusqu’au bout de ses forces  ! affirmait la procureure Dominique Puechmaille lors de l’audience solennelle de rentrée de 2013. Entre les réunions, les rendez-vous, le suivi des procédures, la permanence judiciaire et les audiences… les journées de la responsable du ministère public (et de ses collaborateurs) sont très chargées. En poste depuis six ans, la procureure de la République dirige une équipe composée théoriquement de cinq magistrats, mais elle ne l’a connue que deux ans en situation de plein effectif.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Faisceau d’indices et manque de preuvesCour d’assises de Loir-et-Cher (session de mars 2015)
lundi 16 mars 2015
Sommaire
En milieu de journée, Me Céline Toulet a demandé aux jurés de reconnaître les deux plaignantes dans leur qualité de victimes. « Elles étaient à l’époque des petites innocentes qui ne pouvaient pas se défendre. Leur souffrance est restée tapie en elles des années, refaisant souvent surface. Elles se sont tues jusqu’à ce que la cadette parle enfin et délivre en même temps sa sœur aînée de son secret. Courageusement, dignement et sans exagérer, elles ont tenu des déclarations claires, cohérentes et réalistes. Ce n’est pas une action concertée, elles n’avaient aucune raison d’accuser à tort leur ex-beau-père. Elles ont attendu en vain ses aveux, je ne veux pas qu’elles soient victimes une seconde fois à cause de ses mensonges. »
Par la suite, l’avocate générale, Raphaë lle Olive, livre un réquisitoire méthodique, faisant reposer la culpabilité de José sur les « dénonciations constantes et réitérées » des deux sœurs et un« faisceau d’indices. » « Souvent l’accusé nie parce qu’il a honte de ses actes. Dans cette affaire, le parquet a toujours cru dans sa culpabilité. » La magistrate revient sur une vidéo d’anniversaire évoquée la veille et le zoom insistant sur les fesses de la plus jeune sœur endormie. « Ce n’est pas anodin, ce zoom révèle l’attrait de l’accusé pour cette partie de l’anatomie. » Le ministère public s’étonne enfin que l’accusé n’ait pas formulé de demande de mise en liberté pendant sa détention alors qu’il se prétend innocent.
Il est un peu plus de 15 h quand le parquet requiert huit ans d’emprisonnement contre José.
" C’est le stress d’Outreau "
Pendant près d’1h30 de plaidoirie, Me Rapin va exhorter les jurés à respecter le principe de la présomption d’innocence.« S’il y a un doute, alors vous ne pouvez pas le déclarer coupable. Les plaignantes sont victimes si lui est coupable, pas l’inverse. S’il est non coupable, cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas victimes, mais que vous n’avez pas assez d’éléments pour le condamner. » Dans ses arguments, l’avocat de la défense a exprimé son scepticisme vis-à-vis des expertises sur la crédibilité des plaignantes.« Mon client aussi semble sincère si j’en crois le psychiatre. Mais lui, on le traite de menteur dès qu’il dit un mot de travers. » Le conseil de l’accusé évoque le ressentiment des deux sœurs pour leur ex-beau père. Il déplore aussi l’absence à la barre d’une amie de lycée supposée avoir recueilli les confidences de la sœur cadette. « Il y a eu des dysfonctionnements dans ce dossier, on ne parle pas de tout ce qui gêne. C’est le stress d’Outreau. »
Les jurés se sont retirés peu avant 17 heures. Leur verdict a été rendu après 3 heures de délibération. José a été reconnu coupable et condamné à sept ans d’emprisonnement. Le condamné a décidé d’interjeter appel.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Viols aggravés : sept ans pour le beau-père Cour d’assises de Loir-et-Cher (session de mars 2015)
lundi 16 mars 2015
Au procès de José qui a nié avoir violé ses belles-filles, le ministère public a requis huit ans de prison. La défense a plaidé l’insuffisance de preuves.
Comme bien souvent dans ces affaires de viols tardivement dénoncés, c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre. Au deuxième jour de son procès, José est resté inflexible  :« Je maintiens que je n’ai rien fait, je ne comprends pas pourquoi mes belles-filles m’accusent. » L’homme âgé de 53 ans comparaissait pour des pénétrations digitales anales commises sur les deux jeunes filles entre 1994 et 1999 dans le Val-d’Oise, puis le Vendômois.
Pour la mère des deux plaignantes qui a déposé, hier matin, à la barre, José est un « violeur qui mérite d’être puni. » Cette femme de 54 ans n’a appris qu’en février 2005 les sévices que son ex-compagnon aurait fait subir à ses enfants. Elle l’avait quitté subitement en février 1999 pour rejoindre un foyer d’urgence de Blois avec ses filles.« Il faisait la tête pour un oui ou pour un non. La vie n’était pas rose. On s’était disputés à cause d’un phare cassé, j’en ai eu marre. »
Sept mois après cette séparation, José a subitement laissé son poste de menuisier et a rejoint le Portugal. L’accusation représentée par Raphaë lle Olive suspecte une fuite derrière ce départ.« Il n’aurait pas attendu autant de temps pour partir s’il avait eu quelque chose à se rapprocher », pense au contraire Me Stéphane Rapin, l’avocat de la défense. La justice mettra plus de huit ans à retrouver José dans son pays natal en ayant finalement recours à un mandat d’arrêt européen mis à exécution en novembre 2013. L’homme assure n’avoir pas reçu les deux courriers du juge de Blois qui souhaitait l’interroger. Il a su qu’il était recherché en France, mais affirme qu’il en ignorait alors la raison.
Le psychiatre comme le psychologue qui ont entendu l’accusé en prison se montrent perplexes. « Il donne un sentiment de sincérité, confie le Dr Berthier, si les faits reprochés étaient avérés, il s’agirait alors d’une dissimulation consciente ou inconsciente d’une perversion. Il ne donne aucun indice d’une tendance pédophile, il s’agit peut-être d’une défense de sa part. La chose qui me surprend, c’est qu’il n’est pas indigné par son incarcération alors qu’il se dit innocent. » Jean-Yves Charvieux est lui aussi prudent. L’expert psychologue n’a décelé aucun trait pervers ou manipulateur chez José. « Il n’est pas possible d’apporter des explications plus avancées. Son adaptation à la prison est peut-être une forme de résignation de la part de quelqu’un de respectueux des institutions. »
La présidente Catherine Paffenhoff donnait par la suite la parole à l’avocate des deux sœurs.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
NR > Accusé de viols par ses deux belles-fillesCour d’assises de Loir-et-Cher (session de mars 2015)
lundi 16 mars 2015
Un homme de 53 ans comparaît depuis hier pour répondre de viols remontant aux années 1990. Il nie les accusations portées contre lui par ses belles-filles.
Sommaire
La silhouette longiligne, les cheveux clairsemés coiffés en arrière, José se présente dans le box vêtu d’un blouson noir. Il a été interpellé au Portugal, son pays natal, fin 2013 suite à la plainte déposée contre lui, huit ans et demi plus tôt, par une de ses belles-filles. Cette dernière, née en 1986, l’accuse de lui avoir imposé une pénétration digitale dans l’anus alors qu’elle avait à peine 12 ans. Cette révélation a poussé sa sœur aînée à dénoncer à son tour des faits de même nature commis à de nombreuses reprises entre 1994 et 1998 en région parisienne, puis dans une commune du Vendômois. Comme il l’a fait face au juge d’instruction, José nie devant la présidente Catherine Paffenhoff les accusations de viols aggravés qui lui font encourir vingt ans de réclusion.
« Je ne leur ai jamais fait de mal, je les considérais comme mes propres filles. Tout est faux. »
Parmi les éléments étayant l’accusation, une vidéo montrant la fillette la plus jeune dormant sur un canapé les fesses dénudées. « Il y a un gros plan qui prend une autre connotation en raison des accusations portées contre vous », relève la présidente.
José s’offusque. « C’est leur mère qui a donné cette cassette aux gendarmes. C’était un soir d’anniversaire, la scène a provoqué la rigolade, c’est pour ça que je l’ai filmée. C’est malhonnête de sa part de m’accuser à partir de cette vidéo. »« Si vous niez les pénétrations, c’est donc que quelqu’un ment  ? », suggère la présidente de la cour.
" Nous l’appelions papa "
« Moi je dis la vérité, assure José, au pire, j’ai pu avoir un geste qu’elles ont mal interprété, ma main a peut-être glissé sur leur bras ou leur épaule quand je venais leur souhaiter bonne nuit, mais c’était sans intention de ma part. Rien ne s’est passé comme elles le disent. » Répondant à une juge assesseure, l’accusé précise qu’il n’a jamais été attiré par la sodomie. « Ça me dégoûte, ce n’est pas un acte naturel. »
Sur le banc de la partie civile, les deux plaignantes sèchent leurs larmes en s’agitant nerveusement. José a rencontré leur mère en 1993. Elle avait quitté leur père alors alcoolique quelques années plus tôt. « Au début, notre beau-père était gentil, nous l’appelions papa, mais ça s’est dégradé », témoigne la plus jeune. C’est elle qui a déposé plainte en février 2005 à la gendarmerie.« Un soir, il est venu dans ma chambre et m’a imposé un va-et-vient avec son doigt qui m’a fait mal. Il n’y a eu que cette fois-là, mais ça fait maintenant seize ans que je souffre et que je revois cette image. J’attendais ses aveux, mais ses dénégations me font encore plus mal. Je n’en ai pas parlé tout de suite car je ne savais pas que c’était un viol. C’est au lycée que j’ai réalisé. Quand j’en ai parlé à ma sœur, elle m’a dit qu’il lui était arrivé la même chose. »
La sœur aînée est appelée à son tour à déposer la barre. Plus calmement que sa cadette, sans verser une larme, elle répète les mêmes accusations  : des pénétrations digitales fréquentes, jusqu’à deux fois par semaine, soit sur un canapé devant la télé ou dans sa chambre pendant ses devoirs. Sa mère n’a rien vu ni entendu. « Je ne lui ai rien dit car j’avais honte. »
La jeune femme aujourd’hui âgée de 29 ans et mère de quatre enfants assure qu’elle n’avait aucune raison de se venger de cet homme en l’accusant de viol. Même si tout comme sa sœur, elle lui reproche de les avoir éloignées de leur père en quittant le Val-d’Oise pour le Loir-et-Cher.
Une experte psychologue a jugé leurs déclarations crédibles. Un banquier qui a reçu la plus jeune sœur en stage se souvient qu’un matin, la petite n’allait pas bien.« Elle a parlé d’attouchement, elle m’a convaincu qu’il y avait eu un gros problème. »
Les compagnons respectifs des deux sœurs ont ensuite évoqué les blocages qu’elles éprouvaient sur le plan sexuel.
Les débats reprennent ce matin, verdict en fin de journée.
Voir en ligne : la Nouvelle-République : l’article original
Mots clés : Diverses informations , Juré
-
Bizarre cette oppression...lundi 16 mars 2015
Je ne suis ni l’accusé ni le coupable mais un sentiment étonnant, bizarre m’envahit et je me sens oppressé, presque angoissé à l’idée d’être tiré au sort. Et oui, je suis juré d’assises pour cette cession.
Il faudra rester neutre mais je ne peux cesser de penser à ma prochaine visite aux assises de Blois. Pour la première convocation, ce lundi 2 mars, je suis resté sans trop de pression. Peut-être parce que j’allais dans un lieu que je ne connaissais pas du tout : je n’avais encore jamais mis les pieds dans un tribunal. La découverte d’un lieu un peu secret (tout au moins pour moi), les questions que je me posais sur le fonctionnement des assises en particulier ou d’un tribunal de manière plus générale, l’éloignement de mes préoccupations habituelles ont fait que j’ai abordé cette première journée sans trop de stress. Si la tête était quand même pleine de questions, j’allais vers l’inconnu, à la découverte presque comme un explorateur. Et, c’est vrai j’ai été particulièrement attentif. J’y ai découvert une (très) rapide présentation des quatre affaires que cette cession aurait à traiter avec l’annonce d’un très probable report de la première affaire.
Pour cette première affaire, je n’ai pas été tiré au sort et, très vite, elle a été reporté. Je suis rentré très serein chez moi.
Mais dès mercredi soir, à la veille de mon deuxième voyage vers cette cession des assises pour être peut-être tiré au sort, je me suis beaucoup interrogé sur moi-même et sur mon possible comportement pendant ce procès si je n’étais ni tiré au sort ni non-récusé. Peut-être était-ce le fait qu’il s’agisse d’un viol sur deux fillettes qui m’angoissait autant. J’ai tenté de me rassurer en me disant que mon passé professionnel d’enseignant allait entraîner probablement l’audition du terme "récusé" à mon encontre, j’ai très mal dormi cette nuit-là. Pendant le voyage (une heure et quart) vers Blois, le sentiment d’oppression m’a de plus en plus envahi en se rapprochant petit à petit de l’angoisse. Lorsque le juré suppléant a été installé, j’ai presque honte de dire que j’ai été soulagé. Il m’a tout de même fallu plusieurs dizaines de minutes après ma sortie du tribunal pour récupérer en marchant dans la ville : je ne me sentais pas encore la force de rentrer chez moi.
Lundi matin, il faudra que je recommence. Cette fois, il s’agit d’un cambriolage à mains armés, si j’ai bien compris. Si le procès se déroule à huis clos en raison de l’âge des prévenus au moment des faits, je me demande si je serai aussi oppressé... Peut-être qu’on s’habitue, après tout.
Mots clés : Diverses informations , Juré , réfléchir
lorand.org

Derniers commentaires