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Internet incite-t-il à quitter les associations de généalogie ?

vendredi 6 avril 2012, par Roland

Deux messages récents sur Twitter m’interrogent donc :

@daieuxdailleurs "[veille] Avec Internet, les généalogistes délaissent les associations - Denain - La Voix du Nord ..."

@alexisamand "Les généalogistes abandonnent-ils les assos ?"

... mais je suis un peu à contre-courant : Et si cette "crise" était salutaire ?

Je suis donc allé voir... Et j’ai trouvé ça :


Maryse Boudard, présidente de l’Association généalogique Flandre-Hainaut : "Effectifs en baisse. Maryse Boudard a tout d’abord évoqué la chute libre des adhérents : 831 en 2005, 639 en 2012 dont 100 partis en 2011. Une défection due aux possibilités de faire de la généalogie avec les actes en ligne sur Internet. Selon elle, ces nouveaux généalogistes ignorent qu’il existe des contrats de mariage, des actes notariés, l’histoire de leurs ancêtres etc. Les associations ont donc leur utilité. L’AGFH tente de fidéliser ses adhérents avec la publication de fascicules, parmi ceux-ci un sur le défilé historique organisé pour le bicentenaire de la Bataille."


Et si ... le problème était ailleurs ?

Moi et les associations de généalogie

Je n’adhère pas activement à une association de généalogie sans doute parce que je suis très actif dans quelques-unes sans lien avec la généalogie (le cyclotourisme, la randonnée et le sport pour les jeunes). Je suis tout de même membre d’une association de généalogie (l’ARHFa). Mon adhésion a, au départ, était plutôt pragmatique : j’avais besoin de points pour consulter geneabank ! Comme je ne prends jamais sans donner, je me suis lancé, pour cette association, dans le dépouillement d’une commune (Carennac dans le Lot). J’y travaille régulièrement quand ma santé me le permet.

Pourtant, je n’ai jamais autant eu envie d’adhérer à une association que depuis que les archives sont en ligne ! Je ne pense pourtant pas que ma position soit en contradiction avec ce que dit Maryse Boulard.

Mais alors pourquoi...?

La publication des archives sur la toile et leur libre accès n’est pas la raison de nombreuses désinscriptions mais c’est plutôt un déplacement des besoins et des intérêts des généalogistes.

Les chercheurs amateurs en généalogie que nous sommes avaient de gros problèmes d’accès aux données généalogiques. Les associations étaient en mesure de leur apporter des réponses qu’ils cherchaient à condition d’être membre de l’association. Donc, ils adhéraient.

Les généalogistes que nous sommes ont maintenant de plus en souvent accès aux archives en ligne. leurs besoins n’est pas là mais à travers les échanges dans les forums, de nouveaux besoins apparaissent : déchiffrer les écritures manuscrites et comprendre les formules d’autrefois, expliciter un terme ou une ancienne expression, débloquer une impasse, un dilemme ou un casse-tête, ... Répondre par la fourniture des données n’est presque plus d’actualité. maintenant, les besoins vont s’exprimer ailleurs : aide au déchiffrage, décryptage, démêlage d’écheveaux familiaux, ...

J’ai commencé ma généalogie par les actes notariés que possèdent ma mère et par quelques documents qui étaient énigmatiques pour moi comme un extrait de livre-terrier (trouvé dans une brocante et que je me suis procuré parce qu’il parlait d’un hameau cher à mon coeur). Ensuite, j’ai découvert le fonctionnement de la généalogie par Internet et l’informatique qui étaient parmi mes outils de travail, découverte effectué en consultant des arbres et en y découvrant des informations qui semblaient concerner ma famille. Enfin, je suis arrivé aux actes de l’état civil mais il m’a encore fallu attendre quelques temps pour comprendre la différence entre les BMS et ces actes de l’état civil.

Ma démarche commence presque par ce que certains pensent que les nouveaux généalogistes vont toujours ignorer.

Perspectives associatives

Les associations généalogiques doivent donc prendre le virage de cette publication des actes en ligne et ne pas se contenter de simplement se plaindre de désaffection au sein de leurs rangs. Elles doivent être à même de d’apporter ce qui va manquer aux généalogistes amateurs. Certaines l’ont compris. Les autres vont suivre mais il y aura quelques dégâts sans doute et pas nécessairement chez les petites associations.

Les associations doivent peut-être aussi cesser d’être trop au service de leurs adhérents. En leur sein, il y a beaucoup trop de consommateurs (ceux qui prennent sans compter) et pas assez de militants (ceux qui donnent et oublient de prendre). Le juste milieu est donc à trouver pour aller vers l’adhérent idéal ; "celui qui prend mais qui donne, celui qui donne mais qui prend"

Conclusion

Peut-être que cette crise de désinscription que traversent les associations généalogistes sera donc plutôt salutaire. Qui sait ?

Interrogation complémentaire

Parmi les nouveaux généalogistes, combien vont dépasser les quelques générations du monde dit "moderne" ? C’est la facilité qui lancent beaucoup de nouveaux généalogistes. Quelques-uns continueront longtemps à faire de la généalogie mais beaucoup abandonneront et seront aussitôt remplacés.


Voir en ligne : Avec Internet, les généalogistes délaissent les associations (La Voix du Nord)

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