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Décision bien difficile

Mots clés : cyclotourisme

dimanche 19 décembre 2004, par Roland (généanaute)


Afin de vérifier l’itinéraire de l’Audax de 200 km du 8 mai, Alain, le ministre du trésor et notre responsable Audax, avait invité ce samedi 22 avril quelques cyclos à faire le parcours avec lui. Je faisais partie de ces derniers et j’ai accepté sans hésiter.

La météo annonçait de la pluie pour toute la journée mais nous partîmes malgré tout pour notre périple à travers le Loir-et-Cher. Même si, vers Beaugency, nous avons dû subir quelques gouttes d’eau, nous arrivâmes à Saint-Firmin des Prés sans problèmes et surtout non mouillés ! Nous avions même récupéré la demie-heure perdue par un départ différé d’autant.

Pendant le repas à « l’auberge des Pêcheurs », nous n’avons pas regardé à l’extérieur trop occupés que nous étions à écouter ou raconter les traditionnelles histoires des vétérans cyclos. Mais quand nous sortîmes, surprise : il pleuvait !

La pluie ne nous quittait guère. Personnellement, je pensais que ça m’arrangeait bien. Non pas que j’aime cycloter sous les larmes du ciel mais parce que la traversée matinale de la Beauce m’avait révélé de nombreux champs de colza en fleurs. Il faut dire que je suis allergique au pollen de cette crucifère. Nombreux sont les cyclos du club qui savent que mes yeux et mon nez détectent, quand il fait beau, ces champs longtemps avant que les yeux ne puissent admirer les magnifiques rectangles jaunes qui montrent que le printemps est arrivé. Le matin donc, je n’avais eu à subir aucun désagrément. J’avais mis cela au bénéfice du temps humide et pluvieux. Je me croyais à l’abri de tous problèmes.

Malheureusement, dès que nous eûmes quitté la vallée du Loir et retrouvé les étendues de la Beauce, mes ennuis commencèrent. Quand les champs d’or apparaissaient le long de la route, mon rendement cycliste s’en ressentait et je perdais très vite le contact avec mes trois compagnons cyclos. J’arrivais à Mer malgré tout. Je pensais que là s’arrêteraient mes malheurs : la traversée de la vallée de la Loire nous faisant pénétrer en Sologne dans laquelle les champs de colza sont beaucoup plus rares.

A la sortie de Mer, je découvris que mes ennuis n’étaient pas terminés : je peinais de plus en plus à respirer. Un sentiment d’oppression semblait réduire considérablement mes capacités respiratoires. Sur le pont qui enjambe la Loire, j’ai même cru un instant que je ne pourrais pas aller plus loin. Une toux bizarre me révéla tout à coup mon problème : l’asthme ! J’étais en train de démarrer une crise pour la première fois. (Étant enseignant, je connais bien cette maladie de plus en plus répandue chez les élèves).

Mon amour-propre et sans doute la vanité commune à tout cyclo-touriste, firent que je continuais malgré tout en baissant tout de même un peu ma vitesse. Il pleuvait toujours. La pluie n’empêchait donc pas les pollens de se répandre dans l’air ambiant. Mes amis cyclos avaient donc eux aussi dû ralentir leur rythme pur m’attendre et, bien sûr, je culpabilisais. Qu’ils m’excusent tout de suite pour la gêne que je leur procurais : j’étais devenu un poids mort, un frein à leur avance. Mes efforts pour rester dans les temps m’épuisaient et il pleuvait toujours pour ne rien arranger. Je finis donc, la mort dans l’âme, par décider de m’arrêter. Il n’aurait pas été sérieux de continuer jusqu’au bout.

Ce n’est pas une chose facile d’abandonner. Ayant toujours déclaré qu’il fallait savoir le faire, je me trouvais face à mes propos. J’ai découvert ce qu’une telle décision demandait de volonté. Je crois que maintenant j’admirerais le courage de ceux qui y parviennent avant d’avoir atteint leurs limites. Chose que je n’ai pas su faire. On a un peu trop tendance à se sentir incapable tout à coup.

Merci à Alain, à Jean-Jacques et à Mohammed de m’avoir attendu et de m’avoir supporté si longtemps. Mes excuses à eux pour les avoir retardés et gênés dans leur progression.


Deux conseils à vous tous qui me lisez et qui pratiquez les randonnées à vélo :

- quand ça ne va pas, n’hésitez pas à abandonner. Il n’y a pas de honte à avoir : cela peut prendre n’importe qui n’importe quand.
- Aider un cyclo qui ne va pas bien, c’est l’accompagner, c’est rester avec lui mais c’est aussi l’aider à s’arrêter, à abandonner et à vaincre son amour propre. Ainsi vous ne pouvez que lui rendre service.

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