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Histoires de patronymes


Mots clés : généalogiste , challengeAZ-2025

mardi 18 novembre 2025 , par Roland


En remontant le temps, très vite, tous les généalogistes sont confrontés aux écritures manuscrites et surtout aux orthographes variées ou variables quand elles ne sont pas fantaisistes. Bien difficile quelquefois de s’y retrouver ou de corriger ses erreurs. Voici donc ma technique de recherche.

Dans le titre de l’article, le mot "Histoires" est au pluriel parce qu’il y a des histoires quelquefois très différentes liés aux patronymes de nos ancêtres.

Orthographe (très) approximative

J’ai failli intituler l’article "des orthographes approximatives" mais cela aurait été négatif et un peu péjoratif parce que tel n’était sans doute pas le but des écrivains d’alors.

J’ai déjà abordé le sujet dans l’article Problème de l’écriture des patronymes mais c’était du point de vue de l’arbre généalogique et donc de la retransmission des données recueillies, triées, classées, sélectionnées, répertoriées, ... Ici, la position est tout autre : c’est celle du chercheur d’ancêtres confronté à des impasses ou aux associations à établir entre patronymes.

Un ancêtre change de nom

A partir du XVIIe siècle ce devait être plutôt rare. Quand le généalogiste est confronté à une impasse comme je l’ai été, il est bien rare de penser à cette éventualité. C’est donc le hasard qui quelquefois va chatouiller l’esprit et amener les réflexions et les recherches dans cette direction.

DEGAT devient ROUQUETTE

Tout est dit mais comment en suis-je donc arriver à cette conclusion. Et puis, pourquoi un tel changement de nom ?

La description de mes recherches sur ce changement est racontée dans l’article Une vieille énigme généalogique....

En conclusion, il suffit de noter qu’ici c’est le surnom qui est devenu le patronyme lors d’un changement de communes. Il est donc utile de noter ces surnoms lorsqu’ils sont rencontrés dans les divers textes rencontrés et utilisés.

Après de nouvelles recherches et vérifications, il s’avère que ce paragraphe est faux (cela me semblait pourtant vrai en 2008 !) : les DEGAT sont restés DEGAT et les ROUQUETTE sont restés ROUQUETTE. Mais quelle idée d’avoir comme surnom, le nom de famille de son voisin ?

Problème du "patois occitan"

Avertissement : L’occitan n’est pas un patois mais une langue et même une langue très riche puisque Dante préférait écrire dans cette langue afin de mieux exprimer ce qu’il voulait exposer. Mais, comme toutes les langues, l’occitan a des patois. En Quercy, principal pays de mes ancêtres [1], l’occitan que je parlais couramment lorsque j’étais jeune enfant et que j’entendais en permanence à la maison, serait l’un des "plus purs" mais je ne suis pas un spécialiste des langues régionales pour soutenir et défendre cette thèse.

Cet occitan qui m’a fait arriver à l’école à l’âge de 4 ans en parlant plutôt approximativement le français, joue un grand rôle dans les écritures des patronymes de mes ancêtres. Comme ils étaient tous cultivateurs, laboureurs ou brassiers [2] et qu’ils ne savaient ni lire ni écrire, ils devaient confier le destin de l’écriture de leurs patronymes aux "scribes" chargés des actes de l’état civil et avant aux religieux qui enregistraient les BMS BMS Baptême, Mariages, Sépultures. BMS est un acronyme pour représenter les registres répertoriant ces événements avant la Révolution Française. C’était alors des religieux qui les tenaient à jour.  [3]. Certains de ces "secrétaires" ne parlaient sans doute pas du tout l’occitan et d’autres ne devaient que le comprendre. Ils "traduisaient" donc ce qu’ils comprenaient. De plus, ils devaient très certainement peu vérifier la source des évènements. Je les soupçonne même quelquefois d’avoir succombé à force libations avant de se livrer aux travaux d’écriture que nécessitaient leurs charges...

LH donne ILL

Le son [Y] comme dans dans famille ( prononciation [FaMiY] ) s’écrit généralement "ill" en français mais il s’écrivait "lh" en occitan :

  • LAVERHNE deviendra LAVERGNE
  • VERNHE deviendra VERGNE
  • ...

A donne O

Les sons ne sont pas prononcés de la même manière : le son [a] est souvent prononcé [o] (o ouvert comme dans "botte" [BoT] ). C’est systématique en fin de mots mais là il devient souvent [e] (comme dans "vieux" [Vje]).

  • LOMOTTO ou LAMOUTO deviendra LAMOTTE ou LAMOTHE
  • CAPELO deviendra CAPELLE

OU donne O

Le son [u] (comme dans "louve" [LuV]) devient O

  • LAMOUTE devient LAMOTTE

Cumuls d’adaptations

  • LOMOUTO devient LAMOTTE ou LAMOTHE

[1Une branche vient du Périgord tout proche du berceau familial et l’autre de basse Corrèze tout aussi proche.

[2Le brassier est celui qui n’a que la force de ses bras à proposer pour travailler.

[3Baptêmes, Mariages et Sépultures (BMS) étaient avant la Révolution enregistrés par les prêtres sur les registres paroissiaux.


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