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Brève publiée le 28 janvier 2009 - (Voir toutes les brèves)

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La prune dorée de Carennac

C’est une Reine-Claude

mardi 1er août 2006, par Roland

Pendant longtemps, le marché aux prunes de Carennac est resté l’un des plus importants marché des prunes de table.

Le marché aux prunes

Le premier lundi du mois d’août à lieu un rassemblement sur la Palissade de Carennac, lieu traditionnel du marché aux prunes.

Ce " marché " promotionnel est reconduit chaque année depuis 2001 au moins sur le même lieu " dans un cadre historique " précise un tract récupéré en 2001.

Souvenirs d’agriculteurs

Dans les années 1967 à 1970, je cueillais les prunes avec mon père. Je me souviens des lever très tôt (au lever du soleil) pour récolter le maximum de prunes avant le marché qui ouvrait me semblait-il à dix heures.

Je me souviens du chargement de la voiture et de la remorque des 50 à 60 cagettes profondes emplies d’une quinzaine de kilogrammes de prunes.

Je me souviens du verger et de ses rangées d’arbres au-dessus du four à chaux de Carennac.

Je me souviens de ce tour de main que nous avions pour ne pas " déflorer " la prune (cela consistait à ne laisser aucune trace de doigt sur le fruit recouvert d’une espèce de poudre blanche très sensible au frottement des doigts).

Je me souviens de l’attente derrière les cageots, des discussions de marchandage avec les négociants, de l’importance de mon père qui présentait presque tous les jours la plus grosse production avec les plus beaux fruits.

Je me souviens des négociants qui vérifiaient la qualité égale de tous les contenus de panier en en vidant quelsques-uns.

Je me souviens des casse-croûte (et surtout des fricassées de petits poissons) dans les restaurants à la fin de marché.

Je me souviens de l’angoisse du temps qu’il allait faire et surtout de la crainte de l’orage qui signifiait la fin de la production la plupart du temps.

Je me souviens de cette saine fatigue qui me faisait m’écrouler sur mon lit à l’heure de la sieste avant de repartir pour une cueillette de soirée (tant qu’il y avait de la lumière...).

Je me souviens de cette lourde échelle double qu’il fallait déplacer sans cesse de pruniers en pruniers, de ces montées à l’échelle avec la cagette qui s’alourdissait sur le bras, des piles de cagettes qui montaient petits à petits comme des témoins de notre travail de forçats.

Je me souviens de cette dizaine d’heures de travail quotidien (sans dimanches et encore moins de samedis) à l’époque des grandes chaleurs, de ces moments de détente que constituaient le marché et de ce mal au dos lancinant qui me saisit encore quelquefois lorsque la tâche entreprise remet à mal la colonne endolorie.

Je me souviens de cet immense plaisir d’aller au marché comme une suprème récompense à l’effort fourni, comme le but ultime de la cueillette, comme une fierté d’avoir ces belles piles de prunes toutes de même qualité qui partaient souvent les dernières pour ne pas faire grimper les cours (et aussi pour que les marchands les aient sur le dessus de leurs piles !)

Je ne voulais pas être " paysan " à cause de la dureté du métier. J’y ai gouté durant ces années là. Loin de me conforter dans cette fuite de ce dur travail, elle m’avait donné envie de l’exercer à mon tour... mais j’ai été reçu au concours de l’Ecole Normale...!


Extrait d’un tract : La Reine-Claude dorée de Carennac

Ce texte issu d’un document distribué en 2001 sur la région de Carennac et partiellement reproduit dans la presse tant en été 2001 que 2002, semble issu de l’Office de Tourisme du Haut-Quercy Vallée de la Dordogne


- La prune Reine-Claude : un fruit royal

Pour certains auteurs, la Reine-Claude proviendrait de Grèce (d’après un texte de Camerarius). Introduite d’Orient par le botaniste Pierre Belon, elle a été dédiée à la Reine Claude (1499-1524), première épouse de François Ier.

Mais la prune Reine-Claude dorée de Carennac possède sa petite histoire.

- L’histoire de la prune Reine-Claude Dorée de Carennac

Suite aux guerres d’Italie du XVIè siècle, le Sultan Ottoman Soliman Le Magnifique fit cadeau de jeunes pruniers à François Ier. Le Roi confia alors aux moines agronomes de Carennac la culture de ces arbres fruitiers, sur les coteaux de la Dordogne et de ss affluents, aux sols identiques à ceux de leur origine. Les moines se soucièrent du nom que méritait un fruit aussi délicieux ; le nom choisi fut la Reine Claude du nom de la première épouse de François Ier.

Un terroir exceptionnel pour la prune Reine-Claude dorée de Carennac...
La zone de production de la prune Reine-Claude dorée dite de Carennac s’étent sur les coteaux argilo-calcaires allant de Mézels à St-Céré, dominant la vallée de la Dordogne. Elle comprend six communes : Carennac, Gintrac, Loubressac, Autoire, St-Jean-Lespinasse et St-Médard-de-Presque.

- Une saveur unique...

C’est là, dans ce terroir bien particulier, que la prune Reine-Claude dorée se révèle, à la fois délicieuse et fragile avec ses fruits mordorés, dodus et gorgés de sucre. Ferme et juteuse, sa chair est sucrée, légèrement acidulée et très parfumée.

Cette qualité gustative exceptionnelle, cet arôme et ce parfum si particulier à ce terroir et unanimement reconnus ont permis très tôt à la prune Reine-Claude dorée des coteaux de Carennac de se démarquer.

- ... qui a traversé le temps

La période d’avant guerre reste la plus faste concernant les volumes de production locale. Puis, commence l’époque des marchés de la prune, quotidiens à Carennac, un jour sur deux en alternance à St-Médard-de-Presque et Autoire... Véritables lieux de rendez-vous entre producteurs et expéditeurs qui viennent spécialement chercher ici ke fruit royal, la Reine-Claude dorée de Carennac, depuis la Corrèze, l’Aveyron (...) et bien sûr le Lot.

Actuellement, bien que ces marchés aient disparu depuis le milieu des années 80, la Reine-Claude dorée de Carennac est toujours présente sur un peu plus d’une vingtaine dexploitations agricoles du bassin de production, de façon plus ou moins importante, pour une surface totale estimée à une trentaine d’hectares de vergers.

La production, saisonnière, s’étale sur une vingtaine de jours, du 25 juillet au 15 août environ.

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Pour l’anecdote, mes deux filles sont allées au lycée Claude-de-France de Romorantin, lycée qui porte le nom de la Reine Claude, épouse de François 1er : Ils habitaient tous deux Romorantin où le roi avait fait venir Léonard de Vinci pour y construire un magnifique château (ce sera en fait le château de Chambord un peu plus au nord).

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